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Biodiversité, milieux naturels et paysages

La richesse et la diversité des paysages et des milieux sont soumis aux fortes pressions humaines. La gestion et la protection doivent enrayer l’érosion de la biodiversité et être accompagnées d’une gestion économe de l’espace.

  • Repères

    Situé à la croisée des climats océaniques et continentaux, de grandes structures géologiques et écologiques, le Nord - Pas-de-Calais abrite une diversité de paysages fortement marqués par l’action humaine et une mosaïque de milieux. Les nappes souterraines importantes et les pluies abondantes, ainsi que les sols souvent très riches sont favorables à une expression diversifiée et forte de la biodiversité : milieux littoraux, terrains calcaires du Boulonnais, prairies humides, etc. Les activités humaines ont souvent participé à créer les conditions favorables à l’existence de milieux tout à fait originaux : paysages bocagers, zones gagnées sur la mer, zones humides issues des exploitations minières ou d’anciennes carrières et milieux secs avec les terrils. De nombreuses espèces se trouvent en limite de répartition : flore, mammifères, oiseaux nicheurs ou de passage ; la région constitue le couloir de migration le plus fréquenté d’Europe de l’ouest.

    Les milieux sont cependant souvent relictuels. Le Nord - Pas-de-Calais est une des régions françaises les plus artificialisées (15 % du territoire 1). Urbanisation, développement de zones commerciales, d’infrastructures de transport, fréquentation touristique, de loisir, rejets industriels et domestiques, évolution des pratiques agricoles ou, très localement, déprise agricole, etc. : des pressions fortes s’exercent sur les milieux. Elles conduisent à une fragmentation et une banalisation des milieux (une simulation régionale a estimé que la région était découpée en plus de quatre millions de fragments), voire à leur suppression. L’évolution des habitats s’accompagne d’une érosion de la biodiversité.

    S’il est essentiel de maintenir les espaces de nature et de biodiversité en développant une gestion économe de l’espace limitant l’artificialisation du territoire, la préservation de la biodiversité passe aussi par la constitution d’un réseau maillé d’espaces naturels remarquables reliés par des corridors biologiques permettant aux espèces de circuler et aux écosystèmes de se renouveler. Le recours aux outils réglementaires et contractuels de protection et de gestion des milieux et l’inscription de la biodiversité au cœur des politiques de planification s’avèrent nécessaires pour enrayer l’érosion de la biodiversité, renforcer celle-ci et contribuer à la qualité du cadre de vie.

  • Préserver la qualité des paysages, améliorer leur prise en compte dans les aménagements

    Des paysages d’une grande diversité, profondément marqués par l’activité humaine

    Résultant du relief, de la géologie et de l’action de l’eau, le paysage a été également profondément façonné par la main de l’homme, et ce bien avant la révolution industrielle. L’empreinte de l’homme est tout particulièrement marquée dans le domaine de l’eau, avec les canaux, les rivières canalisées et les polders de Flandre maritime. Son intervention est aussi visible dans les vallonnements (digues, rehauts et terrils) qui constituent un héritage autant culturel, social, économique que géologique.

    La région se distingue par des traits morphologiques et paysagers bien marqués entre le haut pays, au sud, correspondant à la marge septentrionale du vaste plateau crayeux du bassin parisien et le bas pays, au nord, formé de plaines et de basses collines, pays des sables et de l’argile.

    Dans le haut pays, le contact entre plateau artésien et plaine flamande est le plus visible dans l’Artois. l’est, le socle ancien, recouvert de craie puis de lœss fertile, offre un paysage de plateau consacré à l’agriculture intensive (Cambrésis, Hainaut), tandis qu’à l’ouest, les collines crayeuses de l’Artois, sillonnées par les fleuves côtiers picards (Canche, Authie, Liane), sont dédiées à une activité de polyculture - élevage.

    Le bas pays présente cinq types de paysages de plaine. La plaine maritime flamande est une zone de polders cultivés sillonnée d’un réseau complexe de canaux (watergangs) et de fossés. Elle comprend aussi des zones marécageuses remarquables (marais audomarois, marais de Guînes), aux mosaïques complexes (fossés, canaux, maraîchage, élevage, peupleraies, étangs, etc.). Au sud du Boulonnais, les Bas Champs, de structure identique, sont moins marqués par le travail de l’homme. Ils hébergent tourbières, prairies et bois. Les plaines argileuses de Flandre intérieure et du Pévèle, pays de polyculture, dominent les plaines alluviales de la Lys et de la Scarpe, anciens marécages aux prairies encore présentes mais en forte régression. Enfin, les imposants terrils coniques ou plats, la densité de l’urbanisation et l’industrialisation confèrent une identité marquée et très particulière aux plaines crayeuses du bassin minier.

    Le haut pays et le bas pays sont séparés à l’ouest par les monts du Boulonnais [1] et à l’est par les collines de marnes et de calcaire primaire de la Thiérache. Du fait de leurs sols lourds se drainant et se réchauffant difficilement, ces reliefs ont conservé un maillage bocager ; les forêts et petits bois y sont nombreux.

    Le littoral présente lui-même une grande variété de paysages. Le littoral flamand est formé d’un étroit cordon sableux qui protège les polders de la plaine maritime. Le littoral boulonnais est particulièrement diversifié : falaises de craie et de marnes du cap Blanc-Nez, dunes de Wissant, falaises argileuses du cap Gris-Nez, complexe de prés salés, de plages et de dunes de l’estuaire de la Slack. Le littoral picard est constitué d’un large cordon dunaire, entrecoupé par les estuaires de la Canche et de l’Authie.

    Un référentiel régional issu du croisement de cultures : l’atlas des paysages, outil de connaissance à vocation pédagogique

    Un schéma régional de protection des milieux et des paysages naturels a établi, en 1995, une typologie des paysages prenant en compte les caractéristiques de la géographie régionale. Une carte des paysages à protéger à court et à moyen terme a été établie à cette occasion. l’automne 2005 a été publié, par la DIREN, l’atlas des paysages du Nord - Pas-de-Calais, fondé sur une approche générale et culturelle. Celle-ci apprécie successivement la géographie des territoires, les représentations artistiques et touristiques, le sentiment d’appartenance ainsi que les paysages ruraux et urbains. Elle débouche sur l’identification de vingt-et-un grands paysages régionaux, devant faire l’objet de vingt-et-un cahiers.

    L’atlas a une vocation essentiellement pédagogique. Il constitue un référentiel régional de l’analyse paysagère pouvant être utilisé pour tout projet de nouvelle infrastructure ou de nouvel équipement. Il contribue ainsi à la mise en œuvre de la « convention européenne sur les paysages » entrée en vigueur le 1er mars 2004 et ratifiée par la France en octobre 2005. Celle-ci vise à encourager les autorités publiques à adopter, aux niveaux local, régional, national et international, des politiques et des mesures de protection, de gestion et d’aménagement des paysages extraordinaires et ordinaires. Elle introduit la notion d’« objectifs de qualité paysagère » dans l’aménagement des territoires.

    Une qualité des paysages à valoriser et à prendre en compte dans l’évolution des territoires

    Plusieurs mesures de protection des paysages ont été prises en région Nord - Pas-de-Calais. Celle-ci compte ainsi 76 sites classés, 131 sites inscrits, 1 secteur sauvegardé et 36 zones de protection du patrimoine architectural urbain et paysager (ZPPAUP) [2].

    Outre les mesures de protection réglementaire, la préservation des paysages, souvent liée, pour les paysages naturels, à celle des milieux, est une des priorités des parcs naturels régionaux. La valorisation du patrimoine bâti, y compris du petit patrimoine en milieu rural, est également intégrée aux projets de valorisation du cadre de vie ou de développement du tourisme vert d’un nombre croissant de collectivités. Dans le bassin minier, les éléments qui, pendant un temps, symbolisaient les difficultés économiques (friches industrielles, etc.) sont progressivement valorisés en tant que patrimoine ou pour de nouveaux usages, notamment à travers le projet de trame verte et bleue (cavaliers, chevalements, fosses, etc.).

    Outre la préservation de paysages remarquables et la valorisation d’éléments de patrimoine, caractéristiques de l’identité locale, l’enjeu est également de prendre en compte, dans les aménagements, la qualité des paysages dits « ordinaires » afin d’améliorer la qualité du cadre de vie quotidien et d’éviter une banalisation des paysages liées au développement des zones commerciales, d’activités, aux infrastructures de transport...

  • Une mosaïque de milieux naturels qui présentent une richesse biologique très diversifiée et sur lesquels s’exercent de fortes pressions

    Des milieux littoraux diversifiés qui présentent un grand intérêt en terme de biodiversité, de fortes pressions à gérer

    Le littoral se compose de milieux littoraux très diversifiés et de larges estrans [3] sableux. Les milieux marins sont marqués par un fort courant du fait de « l’effet détroit » entre la Manche et la mer du Nord et de la houle. Si ceux-ci rendent difficile la lutte contre l’érosion, ils contribuent à la diversification d’habitats remarquables : peuplements de cailloutis, (éponges, vers marins, anémones, etc.), de sables fins et de bancs sableux dont l’unique haut fond rocheux important de la Manche orientale. Une importante population d’algues constitue de véritables nurseries pour les poissons. De nombreuses espèces de mammifères marins sont observées régulièrement sur les côtes régionales.

    De manière générale, le littoral présente un intérêt ornithologique majeur. Les parois abruptes des caps et des falaises de grès ou de calcaire offrent de nombreux abris aux oiseaux côtiers, notamment le fulmar boréal et la mouette tridactyle. Côté terre, les pelouses herbacées primitives (euryhalines [4]) présentent des espèces et des habitats très diversifiés. S’y épanouissent plusieurs raretés botaniques, notamment des orchidées, la gentiane amère ou le chou sauvage dans les zones d’éboulis.

    Les formations dunaires couvrent 9 600 ha sur 74 km du linéaire côtier. Au sud du cap Gris-Nez, les dunes picardes sont constituées de deux bourrelets, ancien et littoral plus récent, séparés par une plaine dunaire à caractère humide marqué (marais ou tourbières). Cette dernière joue un rôle essentiel pour les oiseaux migrateurs. Les dunes flamandes, cordon littoral unique et étroit, comprennent le massif de Wissant, du Fort-Vert et surtout les dunes de l’est dunkerquois. Elles accueillent des espèces exceptionnelles comme la parnassie et l’helléborine des marais, reliques glaciaires. La dune fossile de Ghyvelde, au nord du département du Nord, est constituée d’un cordon dunaire ancien qui s’étend loin à l’intérieur des terres (trois kilomètres environ). C’est un milieu rare et original à l’échelle européenne, caractérisé par des sables décalcifiés.

    Les estuaires de la Canche, de la Slack et de l’Authie constituent également des milieux remarquables dont la morphologie évolue avec la conjonction des dynamiques marines et fluviales. Au sud, le poulier [5], colonisé par des espèces dunaires, s’engraisse par l’accumulation de sédiments transportés par la mer. Ceux-ci abritent en arrière des prés salés (ou mollières) riches en espèces halophytes : salicornes, obiones portulacoïdes, etc. Au nord, le musoir recule sous l’action des vagues. Le poulier de l’estuaire de la Slack, formé d’éléments grossiers, accueille, quant à lui, la flore originale des levées de galets [6]. Ces estuaires sont fréquentés par les phoques veau marin. La Canche et l’Authie sont considérées comme des zones importantes pour les populations de poissons migrateurs.

    Si les deux tiers des 147 km de côtes sont encore considérés comme des espaces naturels de grande valeur écologique, les falaises, les marais arrière-littoraux et les dunes sont un patrimoine fortement convoité.

    De nombreuses pressions s’y exercent liées aux activités industrialo-portuaires, notamment des trois grands ports de Dunkerque, Calais et Boulogne (impact du dragage et de l’immersion des sédiments sur la qualité des eaux, artificialisation des milieux liées aux extensions portuaires etc.), aux activités de pêche (développement de la pêche de loisir notamment), aux aménagements visant à stabiliser le trait de côte, à la pose et à l’entretien de câbles sous-marins ou au développement de l’énergie éolienne. L’essor du tourisme renforce également la très forte pression urbaine.

    De manière générale, l’aménagement du littoral et des estuaires ainsi que la pollution des eaux compromettent le rôle de nurseries pour les poissons que jouent les algues et, par voie de conséquence, le renouvellement des ressources halieutiques. Les estuaires sont le siège de nombreux conflits d’usage entre l’activité cynégétique, les loisirs nautiques (jetski) et la gestion conservatoire.

    Ainsi, les intérêts touristiques, urbains et industriels vont souvent à l’encontre de la protection contre l’érosion, de la qualité de l’eau et du maintien la biodiversité. La maîtrise des pressions à la source et la mise en place de solutions alternatives aux pratiques polluantes ou consommatrices d’espaces fragiles restent des priorités en vue de la protection et de la reconquête des milieux naturels littoraux et estuariens.

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    Thierry Tancrez
    Phoque veau marin

    Des milieux humides fortement menacés, à préserver et à restaurer

    Des cours d’eau très artificialisés

    Les caractéristiques des cours d’eau sont en grande partie liées à la topographie et à la géologie. La région se caractérise ainsi par l’absence de grand fleuve et de relief important.

    On y distingue trois types de réseaux hydrographiques : un réseau dense de cours d’eau relativement vifs en Avesnois et dans le Boulonnais ; avec des pentes faibles et fortement drainés par un système de canaux et de canalisations dans le Bas Pays argileux ; sans pente, sur les sols crayeux du Haut Pays.

    Les faibles pentes ont incité l’homme à canaliser les cours d’eau et à tisser un réseau maillé de canaux entre les différents bassins, conduisant aujourd’hui à l’existence d’un réseau très développé de rivières canalisées et de canaux. On peut noter le cas particulier du bassin minier dans lequel l’extraction minière, puis son arrêt, ont entraîné de profonds bouleversements tant du point de vue hydrographique que hydrogéologique.

    Hormis pour les fleuves côtiers, la qualité des eaux superficielles est médiocre, voire mauvaise dans les régions industrielles et stagne en zone rurale. Certaines espèces nécessitent une vigilance particulière sur la qualité de l’eau et les aménagements de berges pour assurer leur conservation comme le cincle plongeur ou le martin pêcheur.

    Les cours d’eau offrent un domaine de pêche assez étendu. Avec 650 km de cours d’eau et de canaux, la région Nord - Pas-de-Calais a un réseau de voies navigables sans équivalent en France. Dans l’objectif d’augmenter le transport fluvial, il a été décidé d’adapter le réseau au grand gabarit et de mieux le relier aux autres régions limitrophes (création du canal Seine Nord, en particulier).

    L’entretien du réseau dense des canaux et des voies navigables génère des boues rejetées par l’activité industrielle passée qui sont fortement polluées en métaux toxiques et en matières inhibitrices. De nombreux cours d’eau et voies navigables doivent encore être curés. Ces boues sont stockées, souvent sur les milieux humides limitrophes.

    Des zones humides remarquables en forte régression

    En raison du faible relief de la région et de la nature géologique (argile, craie) de son sous-sol, le Nord - Pas-de-Calais comporte des zones humides de grand intérêt écologique, qui représentent environ 7 % des espaces naturels (6,6 % dans le Pas-de-Calais et 7,5 % dans le Nord [7]).

    Trois unités importantes peuvent être distinguées : les baies et les marais arrière-littoraux, situés à l’arrière des cordons dunaires, les zones humides en fond de vallée et les étangs issus des affaissements miniers. Les zones humides les plus remarquables sont les marais de l’Audomarois, de Guines, le complexe alluvial de la Scarpe et de l’Escaut, la Sambre, les basses vallées de l’Authie, de la Canche et de la Slack. Deux zones humides sont reconnues d’intérêt national dans la région : l’ensemble des vallées alluviales de la Scarpe et l’Escaut (7 000 hectares classés), et la plaine maritime picarde avec les baies de la Canche et de l’Authie et les marais arrière-littoraux.

    Roselières, tourbières alcalines, étangs et marais, prairies humides et mares prairiales constituent une mosaïque de milieux, véritables réservoirs de ­biodiversité. Hébergeant une flore et une faune très spécialisées, les zones humides permettent l’accomplissement du cycle de vie de nombreuses espèces (amphibiens, par exemple). Elles sont essentielles à la reproduction de nombreux oiseaux et à la sauvegarde des espèces migratrices. Par ailleurs, elles participent à l’alimentation des champs captants et jouent un rôle de stockage temporaire des eaux et de régulation des crues.

    Mises à part quelques exceptions comme les terrains publics de Guines, la réserve naturelle nationale du Romelaëre et certaines zones de la vallée de la Scarpe et de l’Escaut (Chabaud-La-Tour), les zones humides sont encore peu protégées. Souvent perçues comme de peu d’intérêt d’un point de vue économique, elles sont l’objet de multiples pressions : drainage, mise en culture, développement d’activités de loisir, urbanisation etc., conjuguées à une diminution de l’activité d’élevage qui pose le problème de la conservation et de la gestion des prairies humides.

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    Étangs du Romelaere.

    Globalement on assiste à une banalisation des milieux humides et à l’artificialisation de la circulation et du régime des eaux (pompages en nappe, détournement de l’eau des rivières vers des plans d’eau, imperméabilisation, etc.), de même qu’à un cloisonnement et une fragmentation des zones humides empêchant la circulation d’espèces (amphibiens notamment). Ces évolutions ont entraîné la disparition d’espèces comme la loutre ou le combattant varié et en menacent d’autres (le triton crêté, le vespertilion des marais, la couleuvre à collier [8], les butors [9], la rousserolle turdoïde).

    Enfin, les zones humides sont particulièrement concernées par le problème des espèces invasives qui entrent en compétition avec les espèces présentes : jussie, renouée du Japon, rat musqué, ouette d’Égypte, bernache du Canada. La préservation et la restauration des zones humides est un enjeu majeur tant au regard de la biodiversité que de la gestion des risques d’inondation. La réalisation d’un zonage des zones humides en vue d’une meilleure prise en compte de celles-ci dans les aménagements a été finalisée début 2008 par l’Agence de l’eau Artois-Picardie.

    Des milieux ouverts fortement présents, qui abritent une faune et une flore spécifiques, appelant notamment une adaptation des pratiques agricoles

    Une érosion de la biodiversité des milieux agricoles

    Avec près de 70 % d’occupation du sol, l’activité agricole domine largement l’utilisation du territoire de la région Nord - Pas-de-Calais. Les terres labourables occupent 80% de la surface agricole utile (SAU) en 2005, contre 79 % en 2000 et 76 % en 1990 [10]. La production agricole s’est spécialisée par bassins de production et utilise une quantité importante d’intrants.

    Les plantes messicoles [11], qui se développent dans les cultures de céréales, constituent un élément de la biodiversité liée aux milieux agricoles, contribuant à l’intérêt écologique et esthétique des campagnes. En dehors des champs cultivés, les plaines se caractérisent par la présence de zones délaissées par l’agriculture qui ont un fort intérêt en terme de biodiversité par les habitats qu’elles constituent tels que bosquets, talus, banquettes herbeuses, etc.

    Une partie de la faune est inféodée aux milieux ouverts comme le lièvre, la caille des blés ou la perdrix grise, animaux recherchés par les chasseurs de plaine. Opportunistes, d’autres espèces chassables ou non (sanglier, pigeon ramier, corneille noire, corbeau freux, bernache du Canada, cygne tuberculé, etc.), profitent des disponibilités alimentaires offertes par les milieux agricoles, créant des dommages aux récoltes. Les milieux ouverts sont aussi propices à la reproduction d’espèces autochtones peu communes comme le râle des genêts ou les busards cendré et Saint-Martin, leurs sites naturels de reproduction, les marais, étant de plus en plus rares.

    Cependant, du fait de l’utilisation généralisée de produits phytosanitaires, les espèces messicoles ne subsistent qu’en population très réduite et fragmentée. Plus de 25 % des espèces de flore disparues dans la région étaient inféodées aux cultures.

    Par ailleurs, les zones délaissées par l’agriculture, souvent marginales, sont en régression. Enfin, la fragmentation des espaces agricoles par les infrastructures routières met en difficulté de nombreuses espèces comme l’œdicnème criard. Certaines pratiques agricoles ont également un impact sur la petite faune sauvage (fauche notamment). Des adaptations techniques peuvent en limiter les effets (fauche centrifuge).

    La mise en œuvre de l’écoconditionnalité des aides de la politique agricole commune permet de retrouver des banquettes herbeuses le long des cours d’eau et en bord de champ. Par ailleurs l’amélioration de la gestion des intrants, les jachères environnementales faune sauvage (JEFS) ou la plantation et l’entretien des haies,réalisées dans le cadre des mesures agri-environnementales, vont également dans le sens d’un enrichissement de la biodiversité : nielle des blés, bleuets, coquelicots, etc.

    Des milieux remarquables constitués par des landes et des pelouses liées à l’activité humaine, pour partie menacés

    Comme pour les milieux humides, la majorité des pelouses sèches sont fortement liées aux activités humaines. Outre les pelouses dunaires, les pelouses euryhalines [12] et les pelouses sur schistes miniers, on trouve en Nord - Pas-de-Calais des pelouses calcicoles sur les coteaux crayeux et les affleurements calcaires issues du défrichement (environ un millier d’hectares) et, de manière plus ponctuelle, des pelouses silicicoles [13] sur sols acides et pauvres. Toutes deux ont été maintenues par le pâturage itinérant, activité pratiquement inexistante à l’heure actuelle. D’une façon générale, ces pelouses régressent sur le territoire national et notamment dans la région. De leur maintien dépend la conservation d’espèces peu courantes : aceras homme-pendu, orchis pourpre, orchis mouche, gentiane d’Allemagne, blaireau, etc.

    Dans le bassin minier, notamment dans les vallées de la Scarpe et de l’Escaut, on trouve des milieux très particuliers issus des anciennes activités industrielles et minières. Des espèces originales se développent sur les schistes des terrils et certains terrains pollués. On trouve des pelouses sur les schistes des terrils et des pelouses calaminaires à armérie de Haller sur les terrains pollués par les métaux lourds (zinc, plomb, cadmium).

    Les interventions des gestionnaires des espaces naturels favorisent le pâturage sur les pelouses calcicoles et les landes dont ils ont la gestion : départements du Nord et du Pas-de-Calais, Conservatoire des sites naturels du Nord et du Pas-de-Calais [14], Syndicat mixte des parcs naturels régionaux. On peut enfin noter que certaines végétations du Nord - Pas-de-Calais sont considérées comme endémiques de cette région : pelouses du cap Blanc-Nez et du coteau de Dannes et Camiers, pelouses sur sables décalcifiés du pré communal d’Ambleteuse et la dune fossile de Ghyvelde.

    Des forêts rares, diversifiées, essentielles pour la biodiversité

    La surface boisée régionale couvre 7,69 % du territoire régional [15]et constitue la plus petite forêt française. Les surfaces boisées augmentent cependant d’environ 500 ha/an depuis une dizaine d’années grâce aux reboisements effectués.

    La présence de sols fertiles sur des substrats variés [16] et les fortes différences de pluviométrie (de 500 mm à 1 100 mm) sont à l’origine d’une grande variété d’essences. La forêt se caractérise surtout par la présence de chênes (33 % en surface), de frênes (18 %) et de hêtres (15 %).

    Les milieux forestiers ont une répartition hétérogène et assurent de nombreuses fonctions sur le territoire : production de bois, activités cynégétiques, protection des sols et des ressources en eau, accueil de la faune, accueil du public, préservation du patrimoine naturel et de la diversité biologique... On distingue des massifs comme les forêts domaniales de Mormal, Saint-Amand - Raismes - Wallers, Nieppe et des ensembles forestiers comme ceux de l’Avesnois, du Boulonnais ou du pays de Licques, essentiels pour la richesse écologique de la région ; des forêts ou la fonction d’accueil du public est importante, en péri-urbain au sens large ou à proximité du littoral : Phalempin, Raismes, Saint-Amand, Wallers, Hardelot, Rihault, Clairmarais etc. ; la populiculture en zones plus ou moins humides, stable depuis 1988, qui doit s’intégrer dans le respect du fonctionnement global des écosystèmes des zones humides.

    Il faut souligner l’intérêt majeur des lisières et des habitats associés aux milieux forestiers (mares, clairières, etc.). La conservation de ces milieux est essentielle au maintien des espèces qui y sont inféodées ou à la re-colonisation par d’autres. Certaines espèces forestières ont une répartition limitée au Hainaut Avesnois comme la gélinotte des bois, le chat forestier, la cigogne noire ou le milan noir. La gagée à Spathe n’est connue que dans deux régions en France et présente la plus importante population française en bavaisis.

    Des zones bocagères remarquables et difficiles à préserver

    Mosaïque de milieux, le bocage est à la fois d’un grand intérêt écologique pour la biodiversité et d’un grand intérêt agronomique pour la protection des cultures et du bétail ainsi que pour la lutte contre l’érosion. Il a une vocation herbagère marquée et certaines parcelles souvent de petites tailles, sont encore plantées ­d’arbres fruitiers. Les haies forment un réseau écologique qui permet le déplacement de la flore et les échanges entre différents biotopes, essentiels à la reproduction des espèces. L’aubépine, le prunellier, le cornouiller sanguin, l’érable champêtre, les saules ou les charmes têtards en sont les espèces emblématiques.
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    PNR Scarpe Escaut - Samuel Dhote
    Une haie de saules têtards dans le PNR Scarpe-Escaut.

    Les haies constituent un biotope de substitution à la forêt pour de nombreuses espèces. Le bocage abrite ainsi des espèces inféodées aux boisements ouverts comme la pie-grièche écorcheur, des espèces des bosquets et des lisières (faisan de Colchide, merle noir, grive musicienne, tourterelle des bois, grive draine, pie bavarde, etc.), des espèces présentes dans les arbres têtards (pigeon colombin, huppe fasciée, rouge-queue à front blanc, chauves-souris, etc.), des espèces prairiales et des mares (thécla du bouleau vanneau huppé, lièvre d’Europe, poule d’eau, etc.).

    Les systèmes bocagers les plus exemplaires du Nord - Pas-de-Calais sont situés dans le Boulonnais et l’Avesnois. Le Boulonnais offre un paysage façonné par la diversité des substrats géologiques et par son histoire. Héritier de deux mille ans d’histoire agraire, les sols argileux et la topographie vallonnée y entretiennent une humidité favorable à la vocation herbagère. Dans l’Avesnois, les haies sont complétées par des alignements de charmes têtards. C’est une zone d’élevage et de production laitière qui se compose de parcelles souvent de petites dimensions et plantées de pommiers et de quelques cerisiers.

    Les caractéristiques du bocage sont difficiles à préserver compte tenu de l’évolution des pratiques agricoles et de la régression de l’activité d’élevage. La diminution du bocage a ainsi provoqué une baisse considérable de population d’un grand nombre d’espèces (la pie-grièche grise), voire leur disparition (le sylvain azuré et la huppe fasciée). Des actions sont conduites localement pour inciter au maintien du bocage, principalement par les parcs naturels régionaux de l’Avesnois et des caps et marais d’Opale.

    Des milieux urbanisés présentant une biodiversité capable d’adaptation

    La région, première concentration urbaine après l’Âle-de-France, est très déficitaire en espaces verts au sein de ses villes. Un certain regain pour la campagne permet un entretien des milieux comme les jardins particuliers, les parcs, les abords des villages, qui offrent ainsi une mosaïque d’habitats pour la faune mais crée aussi une banalisation avec l’extension de la péri-urbanisation et accentue la fragmentation de l’espace. Un certain nombre d’espèces s’adaptent à ces milieux densément urbanisés : sur les toits vivent les goélands argentés, dans les combles et les fissures des bâtiments se reproduisent et hivernent des espèces de chauve-souris comme la pipistrelle commune. Mais, des espèces comme l’étourneau sansonnet, le goéland argenté ou le pigeon de clocher peuvent apporter des nuisances sonores et sanitaires (bruits, fientes, maladies). Les espèces exogènes (nouveaux animaux de compagnie et espèces ornementales) s’échappent ou sont fréquemment relâchées.

    Si les milieux urbanisés peuvent abriter une biodiversité intéressante et que l’introduction du végétal en ville, la constitution de réseaux maillés de milieux ou d’éléments de nature contribuent à la biodiversité et à la qualité du cadre de vie, la préservation du patrimoine naturel passe également par la limitation de l’artificialisation des milieux via une gestion économe de l’espace (priorité au renouvellement urbain, maîtrise de l’urbanisation, urbanisation concentrique plutôt que linéaire etc.), enjeu majeur en Nord - Pas-de-Calais.

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    Thierry Tancre
    Cigogne noire
  • Une diversité d’espèces menacée du fait de l’évolution défavorable des habitats

    la diversité de milieux présents en région Nord ?- ?Pas-de-Calais, correspond une grande diversité d’espèces, qui, pour nombre d’entre elles, sont en limite septentrionale de leur aire de répartition.

    La conjonction de la position géographique privilégiée en Europe de l’Ouest, de la structure topographique, et des activités humaines intenses, très anciennes, toujours dynamiques, favorisent la diversité d’habitats, y compris des habitats de substitution.

    Le Nord ?- ?Pas-de-Calais compte ainsi 360 zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) qui couvrent environ 40 ?% du territoire régional. En zone maritime, la fréquentation des mammifères marins augmente ? : les phoques veaux marins mettent bas au large de Dunkerque et le détroit est la zone des eaux françaises la plus fréquentée par les marsouins. Le détroit du Pas de Calais est aussi un couloir de migration majeur emprunté par plus de 260 espèces d’oiseaux, entre les régions des hautes latitudes septentrionales et l’Europe du Sud ou l’Afrique.

    Mais, si le nombre d’espèces que l’on peut rencontrer dans la région est important, leurs populations (en particulier pour la faune) sont rarement abondantes et stables en raison des caractéristiques défavorables de beaucoup d’habitats, comme leur répartition, leur superficie restreinte et l’action humaine permanente de transformation. Cette évolution rapide de milieux répartis en mosaïques est une donnée essentielle pour interpréter correctement l’évolution et la fragilité des espèces. Ces différents facteurs amènent une banalisation des milieux qui favorisent l’installation d’espèces ubiquistes et rudérales, aux dépends des espèces représentatives des conditions environnementales régionales.

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    Liparis de Loesel.

    Une flore indigène régionale menacée

    La flore vasculaire sauvage de la région compte environ 1 ?700 espèces, dont 1 ?450 indigènes (non échappées de culture, naturalisées ou adventices). C’est une richesse comparable aux régions et pays de plaines voisins. Cette flore est néanmoins originale et le Nord ?- ?Pas-de-Calais abrite des espèces spécifiques comme la violette de Curtis, dont elle est le bastion, le liparis de Loesel et l’ache rampante, espèce d’intérêt communautaire dont elle abrite les principales populations, ou encore l’obione pédonculée, la prêle panachée ou la gagée à spathe.

    Les espèces aquatiques sont très représentatives de la flore régionale avec deux tiers de la flore aquatique française présente. Mais cette flore subit d’importantes régressions qui aboutissent à l’extinction de nombreuses espèces. Parmi les causes de cette régression, on peut citer ?l’eutrophisation excessive et généralisée, les pollutions diverses, l’artificialisation des milieux, l’utilisation généralisée des produits phytosanitaires, les drainages intensifs, la pression touristique, la cueillette et l’arrachage, l’introduction d’espèces et la fragmentation des milieux de vie. Ainsi 59 ?% de la flore indigène régionale est menacée à long terme et plus d’un quart (26 ?%) est menacé à court ou moyen terme. On peut considérer que dans la région, 122 espèces indigènes ou naturalisées de longue date ont disparu. Ce sont par ordre d’importance les cultures et les espaces anthropisés, les milieux acides, les zones alluviales et les milieux calcicoles qui ont accusé le plus grand nombre de disparition d’espèces. Les milieux littoraux, tourbeux et bocagers ont en revanche perdu relativement peu d’espèces.

    Une grande diversité de mammifères à mieux connaître et à protéger

    La région accueille 84 espèces de mammifères [17] aussi différentes que les chauves-souris, les phoques, les cervidés, etc. 35 espèces sont inscrites sur la Liste rouge régionale. Quelques espèces prestigieuses fréquentent les milieux terrestres, surtout forestiers, comme le cerf élaphe, la martre, le muscardin, le chat sauvage. Le milieu marin accueille une petite population de phoques veaux-marins et est une zone importante de passage des phoques gris et des marsouins.

    Au moment des migrations ou en hivernage, de nombreuses espèces de mammifères utilisent les milieux régionaux (marins, terrestres, aériens). Des espèces peu communes de chauves-souris et de mammifères marins ont été observées. Parmi les espèces possédant des populations remarquables quantitativement, on retiendra le lièvre d’Europe, particulièrement abondant sur les plateaux. En ce qui concerne les espèces en limite d’aire, on remarque une forte population de campagnol terrestre.

    La loutre est considérée comme disparue. La plupart des chauves-souris sont caractérisées comme étant « ?en danger ? », « ?vulnérables ? » ou « ?rares ? ».

    Oiseaux nicheurs ? : une variété de nombreuses espèces liée à celle des habitats

    La région accueille plus de 170 espèces d’oiseaux nicheurs [18] aussi différents que les pétrels, les cigognes, les faucons, les chouettes, les pics ou les passereaux, soit environ 60 ?% de l’avifaune française.

    Plus de cent espèces sont inscrites sur la « ?Liste rouge ? » régionale. Plusieurs espèces prestigieuses nichent dans la région, comme le grand-duc d’Europe, le plus grand rapace nocturne du monde, ou la cigogne noire, hôte des grandes forêts tranquilles.

    Beaucoup d’espèces ont des effectifs nicheurs très faibles. L’instabilité de beaucoup d’espèces en limite d’aire ou aux tendances démographiques défavorables est caractéristique d’une région ou les habitats sont eux-mêmes instables, en raison de la pression des activités humaines. Les espèces dont la situation est la plus défavorable sont celles utilisant les milieux humides, et notamment les prairies humides et les roselières (butor étoilé, blongios nain, bécassine des marais, courlis cendré, barge à queue noire, marouette ponctuée, tarier des prés, rousserolle turdoïde, locustelle luscinioïde). Depuis quelque temps, certaines populations de passereaux nichant dans les cultures connaissent des déclins alarmants comme l’alouette des champs ou le bruant proyer.

    Des espèces (ou sous-espèces) ont des effectifs remarquables au niveau français, comme le busard des roseaux, la perdrix grise, le vanneau huppé, le grand gravelot, la bécasse des bois, la sterne caugek, le goéland cendré, la bergeronnette de yarrell, la bergeronnette flavéole, l’hypolaïs ictérine ou la rousserolle verderolle. En ce qui concerne les espèces en limite d’aire, il y a deux cas remarquables de chevauchement d’aires de reproduction ? : celles de l’hypolaïs ictérine et de l’hypolaïs polyglotte ? ; celles de la bergeronnette printanière type et de la bergeronnette flavéole. Un autre phénomène peu banal au niveau européen, et même mondial, concerne la reproduction des trois espèces de busards dans les mêmes espaces cultivés, notamment en Cambrésis.

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    Thierry Tancrez
    Blongios nain

    Oiseaux de passage ? : des habitats à préserver pour maintenir les mouvements migratoires

    Idéalement placée dans le couloir de migration le plus fréquenté d’Europe de l’Ouest, la région est traversée par des millions d’oiseaux appartenant à plus de 400 espèces représentant toutes les familles et tous les ordres d’oiseaux européens. Des ornithologues spécialisés ont même réussi à identifier de nombreuses espèces appartenant aux faunes asiatiques, méditerranéennes, africaines et américaines ?! C’est la configuration particulière de la côte qui favorise la concentration de ces espèces déroutées de leurs voies normales de migration.

    La migration a lieu aussi bien de jour que de nuit. Des mouvements migratoires sont décelables toute l’année, en raison de la diversité des espèces concernées. Une fraction non négligeable de ces millions d’oiseaux migrateurs se pose sur la mer ou à terre pour se reposer ou chercher de la nourriture. Les haltes de ces oiseaux durent de quelques minutes à quelques jours, parfois plus. Grâce à son climat doux en hiver, la région est une zone d’hivernage importante pour certaines espèces d’oiseaux, aussi bien en mer qu’à l’intérieur des terres.

    Les vastes espaces cultivés sont très attractifs en raison de leur tranquillité, une fois la chasse « ?de plaine ? » fermée. Les espèces les plus remarquables sont les vanneaux huppés qui se rassemblent parfois par milliers, les laridés qui se reposent ou font leur toilette dans les champs isolés, les goélands cendrés qui chassent sur les plateaux de l’ouest de l’Artois par centaines, les busards Saint-Martin et les hiboux des marais qui se regroupent en dortoirs collectifs lorsque les campagnols sont abondants, les faucons émerillons qui chassent les passereaux.

    Dans les paysages « ?intermédiaires ? », les grives litornes et les grives mauvis se rassemblent en grand nombre dans les dunes à argousiers ou les bocages à aubépines. Lorsque la production de glands ou de faines a été bonne, des milliers de pigeons ramiers et de pinsons des arbres s’installent dans les forêts.

    Amphibiens et reptiles ? : des espèces en régression

    Les amphibiens figurent parmi les premières victimes de la destruction et de la contamination des zones humides. Plusieurs espèces ont ainsi disparu de la région (sonneur à ventre jaune, pélobate brun, etc.). La plupart des autres sont en régression ou menacés dans la région avec une réduction de leur aire de distribution. Des espèces présentes sont menacées à l’échelle européenne, comme le triton crêté, voire mondiale comme la rainette verte. Les tourbières alcalines de la Scarpe hébergent l’une des deux populations françaises de grenouilles des champs.
  • Des espaces relictuels de biodiversité essentiels à préserver au sein d’un réseau maillé et fonctionnel

    Le maintien de la richesse du « vivant » passe par la qualité et la diversité des milieux ou des « habitats », ainsi que par les possibilités d’échanges entre ces milieux : on parle de réseaux maillés d’espaces naturels constitués des espaces les plus remarquables (noyaux ou cœurs de biodiversité) et de continuités ou corridors écologiques. Ces derniers constituent des lieux de refuge et de reproduction pour la faune et la flore, permettent la dispersion, la migration des espèces et les échanges génétiques. Ils permettent le renouvellement des cœurs de nature qui, isolés, verraient progressivement une érosion de leur patrimoine naturel et ne pourraient plus se renouveler et jouer un rôle de « réservoir » de biodiversité. La biodiversité résulte ainsi de la connexion de milieux tant remarquables (zones humides, pelouses calcicoles, terrils, etc.) qu’ordinaires (bosquets, talus, fossés végétalisés, etc.), constituant un réseau fonctionnel, « vivant ».

    Développer, organiser et diffuser la connaissance de la biodiversité pour en améliorer la gestion

    La connaissance du patrimoine naturel est importante en Nord - Pas-de-Calais. La dynamique des acteurs scientifiques et associatifs, leurs efforts et leur dévouement, ont largement contribué à cette situation. Mais cette connaissance reste ­dispersée : le manque d’information naturaliste organisée est une cause majeure de l’insuffisance de protection des espèces et des espaces.

    Pour harmoniser les pratiques, organiser et mettre à disposition les données relatives aux espèces (faune, flore, fonge) et aux habitats naturels et semi-naturels existants sur la région, la DIREN et le conseil régional animent un réseau régional des acteurs de l’information naturaliste. Ils contribuent ainsi à répondre aux exigences de la convention d’Aarhus concernant la liberté d’accès à l’information en matière d’environnement.

    Trois pôles d’information thématiques sont chargés de consigner l’information et de la mettre à disposition : le Conservatoire botanique national de Bailleul (CBNBL), la Société mycologique du nord de la France et le Groupe ornithologique et naturaliste du Nord - Pas-de-Calais. Ces trois pôles sont également chargés des études nécessaires à la modernisation des ZNIEFF, engagée en 2005 en Nord - Pas-de-Calais.

    L’ensemble de la connaissance est validée par le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN), composé de vingt-cinq experts spécialistes. L’avis de ce conseil est requis dans de nombreuses procédures relatives à la connaissance et à la protection du patrimoine naturel.

    En 2008, une volonté régionale est exprimée pour créer un véritable observatoire de la biodiversité.

    Développer la protection des milieux remarquables à travers le recours aux outils réglementaires et contractuels

    Pour préserver le patrimoine naturel, plusieurs outils peuvent être utilisés :
    • l’acquisition foncière : sites du CELRL (Conservatoire de l’espace littoral et des rivages lacustres dit Conserva­toire du littoral), espaces naturels sensibles des conseils généraux, etc. ;
    • la mise en œuvre de réglementations nationales et régionales particulières : espèces protégées, réserves naturelles, arrêtés de protection de biotope, etc. ;
    • la désignation et la gestion contractuelle des sites du réseau Natura 2000 ;
    • la prise en compte de la biodiversité dans les politiques de planification, en particulier les documents d’urbanisme.

    Une politique volontariste d’acquisition foncière

    L’acquisition foncière par des organismes publics reste le moyen le plus sûr pour garantir une protection définitive des espaces naturels soumis à de fortes pressions.

    Les acquisitions foncières, qui ne représentaient que 1 400 hectares en 1987, s’élèvent en 2007 à 5 342 hectares (2 705 ha du Conservatoire du littoral, soit un linéaire côtier de trente-cinq kilomètres, 2 332 ha par les départements et 305 ha par le Conservatoire des sites naturels du Nord - Pas-de-Calais. Elles concernent surtout de vastes ensembles dunaires mais également l’intérieur des terres.

    Exemple de coopération transnationale, le département du Nord s’est rapproché de la région flamande et de la province de Flandre occidentale pour gérer et valoriser les massifs dunaires, notamment sur le site du Perroquet et du Westhoek qui forment un ensemble transfrontalier ininterrompu de 600 ha sur les rivages de la mer du Nord.

    Les deux départements mènent une politique particulièrement volontariste. Depuis les années soixante-dix, ils prélèvent la taxe départementale des espaces naturels sensibles (TDENS). Ils ont mis en place de larges périmètres de préemption, pratiquent des acquisitions et gèrent les espaces acquis. En concertation avec le Conservatoire du littoral, ils déchargent les communes, en partie ou en totalité, de l’entretien des sites naturels acquis qui normalement leur incombe. En 2007, le Conservatoire du littoral a étendu ses compétences sur le marais audomarois et devrait les étendre sur le domaine public maritime. Le Conservatoire des sites naturels du Nord - Pas-de-Calais a développé un partenariat avec la SAFER afin que celle-ci mène une veille foncière et exerce ses possibilités de préemption pour raison environnementale sur des prairies humides en Avesnois et des pelouses calcicoles de grande richesse écologique.

    Deux réserves naturelles nationales supplémentaires en 2008

    Le décret de classement d’une réserve naturelle nationale peut soumettre à un régime particulier, voire interdire, à l’intérieur de la réserve, toute action susceptible de nuire au développement naturel de la faune et de la flore, au patrimoine géologique et, plus généralement, d’altérer le caractère de la réserve. Le fonctionnement de la réserve est contrôlé par un comité consultatif. La mise en place d’un plan de gestion écologique est une des obligations du gestionnaire de la réserve.

    La région Nord - Pas-de-Calais comptait trois réserves naturelles nationales en 2007 :

    • la dune Marchand (83 hectares, dans le Nord), classée en 1974 pour sa flore et sa géomorphologie caractéristiques des milieux dunaires flamands, gérée par le conseil général du Nord ;
    • la baie de Canche » et le platier d’Oye (respectivement 391 ha et 505 ha, dans le Pas-de-Calais), instaurées en 1987 sur leur patrimoine ornithologique et gérées par le syndicat mixte EDEN-62.

    Deux autres réserves naturelles nationales ont été crées en 2008. Au total, les cinq réserves représentent 1 137 hectares [voir hors-texte page suivante].

    Le développement à venir de réserves naturelles régionales

    La loi du 27 février 2002 relative à la démocratie de proximité a confié aux conseils régionaux la compétence en matière de réserves naturelles régionales. Il s’agit globalement d’un transfert de compétence de l’État aux régions concernant le réseau des réserves naturelles volontaires. Le Nord - Pas-de-Calais comptait 23 réserves naturelles volontaires, soit le nombre le plus important d’ex-RNV de France.

    Les 23 sites couvrent un peu moins de 700 ha. La superficie moyenne est de 30 ha pour des sites couvrant une superficie de moins de 1 ha à plus de 80 ha. La taille des sites est très modeste dans la région (la moyenne nationale est de plus de 100 ha). Pour la plupart, les sites sont des propriétés publiques et abritent des milieux divers (prairies humides, landes, pelouses calcaires, espaces boisés).

    De nombreux projets de réserves naturelles régionales émergent. Le conseil régional souhaite ainsi en classer cinq nouvelles par an, dans les cinq ans qui viennent, à partir de 2008.

    Permettre la survie des espèces par la protection de leur milieu : les arrêtés de protection de biotope

    L’objectif de cette protection mise en place par arrêté préfectoral est de préserver l’habitat d’une espèce rare ou fortement menacée, en particulier quand des aménagements sont susceptibles de l’affecter.

    Huit APB ont été pris entre 1982 et 2001 dans le Nord - Pas-de-Calais. Un APB sur la réserve naturelle nationale de la baie de Canche a été pris sur le domaine public maritime par le ministère en charge de la pêche en 2006. Un APB est aujourd’hui à l’étude pour préserver l’habitat de la Gagée à Spathe, espèce uniquement présente dans le Nord de la France, dont les principales stations se trouvent en Avesnois.

    Poursuivre la constitution et assurer la gestion du réseau Natura 2000

    Le réseau Natura 2000 est issu de deux directives européennes :

    • la directive « Oiseaux » [19] qui instaure des zones de protection spéciale (ZPS) pour la conservation des oiseaux ;
    • la directive « Habitats, faune, flore » [20] qui introduit les zones spéciales de conservation (ZSC) pour les habitats naturels et les habitats d’espèces.

    proprement parler, le réseau Natura 2000 ne constitue pas un outil de protection de la biodiversité car aucune catégorie d’activités n’y est a priori interdite. Il correspond plutôt à un outil de conservation de la biodiversité. Son objectif est le maintien ou la restauration de la biodiversité dans un état de conservation favorable, que ce soit pour les habitats naturels, les habitats d’espèces animales et végétales ou pour les oiseaux.

    Une fois désigné, un site Natura 2000 fait l’objet d’un document de gestion dit document d’objectifs (DOCOB) rédigé au sein d’un comité de pilotage regroupant l’ensemble des acteurs du site. partir d’un état des lieux, le DOCOB définit des moyens à mettre en œuvre pour le maintien ou le rétablissement des habitats et espèces dans un bon état de conservation. Cette mise en œuvre se fait sur la base du volontariat par la signature de contrats ou l’adhésion à une charte.

    En Nord - Pas-de-Calais, le réseau est constitué de 28 sites « habitats » et de 9 zones de protection spéciale pour la conservation des oiseaux. Avec moins de 3 % de son territoire situé dans un site Natura 2000, la région Nord - Pas-de-Calais est située au dernier rang des régions françaises, loin du taux national de 12 % et du taux de ses voisins belges. Cette situation s’explique par la rareté des espaces naturels, les fortes pressions liées aux activités humaines, mais aussi par les conflits qu’engendre toute tentative de classement.

    Afin d’achever ce réseau jusqu’alors essentiellement terrestre (une partie du domaine public maritime est en site Natura 2000), des sites marins doivent être désignés en 2008.

    Inscrire l’objectif de préservation de la biodiversité au cœur des politiques de planification, constituer la trame verte et bleue

    Les plans locaux d’urbanisme et les schémas de cohérence territoriale ont un rôle essentiel à jouer pour la protection et la gestion des espaces naturels. Ils constituent des outils réglementaires de premier plan pour limiter l’artificialisation des milieux naturels, préserver des milieux remarquables et prévoir le maintien de continuités naturelles dans l’organisation du territoire. Il s’agit ensuite de mettre en place une gestion adaptée des milieux afin de valoriser la biodiversité, de recréer des milieux, des corridors biologiques, etc.

    La trame verte et bleue est le souhait politique partagé de constituer et de protéger un réseau maillé d’espaces naturels ou de nature (espaces boisés, bordures de canaux et de cours d’eau, alignements, haies vives bocagères, terrils, parcs urbains et périurbains) qui joue un rôle paysager, de corridors biologiques, de préservation des milieux ou de création d’espaces de loisirs. La trame verte et bleue participe au maintien de la biodiversité en établissant des continuités entre différents sites. Le schéma régional d’orientation de la trame verte et bleue réalisé par la Région identifie ainsi des cœurs de nature, des espaces naturels relais, des zones d’hivernage des oiseaux, des corridors biologiques, des espaces à renaturer, etc.

    partir du schéma régional validé par le conseil régional, les intercommunalités déclinent, à leur échelle, leur trame verte et bleue, et intègrent celle-ci à leurs documents de planification. En 2007, la concrétisation de cette trame est en cours pour bon nombre d’entre elles et pourra contribuer au maintien de la biodiversité.

    Le programme « trame verte et bleue » constitue désormais un programme national, décidé par le « Grenelle de l’Environnement ».

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    Violette de Curtis
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  • Deux nouvelles réserves naturelles nationales

    Les étangs du Romelaëre Situés dans le marais audomarois, en plaine maritime flamande, sur les communes de Nieurlet (Nord) et de Saint-Omer (Pas-de-Calais), il s’agit de la dernière zone humide d’intérêt national préservée dans la région.

    Le site entre dans les critères d’identification des zones humides d’importance internationale (convention de Ramsar). Le site d’intérêt communautaire Natura 2000 directive « Habitats » « Prairies, marais tourbeux, forêts et bois de la cuvette audomaroise et des ses versants » intègre dans sa quasi-totalité la réserve naturelle nationale. Il a été désigné pour la présence de treize types d’habitats communautaires et de deux espèces animales d’intérêt communautaire : le triton crêté et le chabot commun. Le site Natura 2000 directive « Oiseaux » « Marais Audomarois » intègre la réserve dans sa totalité et a été désigné notamment pour l’espèce emblématique du blongios nain, mais également pour le busard des roseaux, le butor étoilé, la locustelle luscinoïde, le martin pêcheur, la gorgebleue à miroir, etc. Ce site constitue un lieu majeur pour la nidification de certaines espèces d’oiseaux menacées sur le plan régional ou national. Le Romelaëre sert de relais dans le centre de la région Nord - Pas-de-Calais pour un grand nombre d’oiseaux migrateurs qui ne trouvent pas de telles haltes entre la Mare-à-Goriaux (Nord) et la mer du Nord.

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    Communiqué de presse au format PDF

    La grotte et les pelouses d’Acquin-Westbécourt et les coteaux de Wavrans-sur-l’Aa

    Situé dans le Haut Pays de l’Artois, sur le territoire du parc naturel régional des Caps et marais d’Opale (Pas-de-Calais), l’intérêt majeur du secteur de la grotte et de la montagne d’Acquin-Westbécourt réside dans les treize espèces de chiroptères dont neuf utilisent la grotte en hiver. Il s’agit en particulier du vespertilion des marais présent à Acquin, en danger au plan national et dont la présence reste exceptionnelle en France, du vespertilion de Bechstein, du vespertilion à oreilles échancrées, du grand murin et du grand rhinolophe.

    Les pelouses de Wavrans-sur-l’Aa sont des coteaux calcaires couverts de pelouses, de prairies et d’habitats boisés. Elles présentent toute la diversité des stades d’évolution des pelouses calcicoles d’intérêt communautaire. La diversité floristique est remarquable avec près de 320 taxons identifiés, 13 espèces protégées régionalement et 55 d’un grand intérêt patrimonial.

    La richesse entomologique est exceptionnelle pour la région avec la présence du damier de la succise, cité en annexe I de la directive « Habitats » et menacé dans le nord de la France, du dectique verrucivore, en régression alarmante dans le nord de son aire de répartition (le site de Wavrans-sur-l’Aa est l’un des derniers sites ou l’espèce est présente dans le nord de la France) et du sténobothre nain qui se raréfie partout en Europe, du fait de la disparition de ses biotopes. Les pelouses de Wavrans-sur-l’Aa ont vocation à la conservation des espèces floristiques et faunistiques d’intérêt patrimonial.

    La succession des coteaux calcaires permet le maintien des connexions entre les deux entités et présente des couloirs privilégiés pour le déplacement de la faune et de la flore. Grotte et coteaux, pour des intérêts différents, sont complémentaires et possèdent des critères de qualité patrimoniale de niveau national et communautaire qui justifient leur classement en réserve naturelle nationale.

  • L’opération grand site des Deux Caps

    En fonction des données recueillies lors de l’analyse diagnostic du site (état des lieux des dysfonctionnements, paysages, milieux naturels, économie, histoire, etc.) un programme d’aménagement et de réalisations a été proposé et validé par l’ensemble des acteurs institutionnels et de terrain.

    Les actions composant ce programme, sont parties intégrantes d’un projet global, labellisé par le MEDAD « grand site des Deux Caps » qui s’articule sur la connaissance du fonctionnement global du site, lui même à la base d’un programme de réhabilitation.

    Ces interventions intègrent la préservation du site tout en y accueillant le public, en s’interdisant tout aménagement lourd, en respectant l’esprit des lieux, en amenant une qualité des interventions au regard des paysages et de l’identité du site, en prévoyant la réversibilité des aménagements.

    L’État et les collectivités ont mis en commun leur compétences spécifiques afin de concrétiser la première phase du projet. C’est ainsi que le Conservatoire du littoral met en application la déclaration d’utilité publique d’acquisition des terrains du cap Blanc-Nez. Elle porte sur 280 ha dont 200 de landes à haute qualité environnementale. Les services du conseil général du Pas-de-Calais ont monté les dossiers pré-opérationnels des études d’impact et d’incidence, en vue des déplacements des parkings et de renaturation des pelouses.

  • La régression des milieux naturels ouverts

    La régression des milieux naturels du Nord - Pas-de-Calais est dominée par la disparition d’espaces de prairies. Ainsi, entre 1998 et 2005, plus de 2 % des prairies régionales ont été détruites, ce qui représente 4782 ha. Les espaces de friches industrielles ont également connu une forte régression (- 12 %). Pendant ce temps, en dépit de la tendance générale à la baisse des milieux naturels ouverts, les vergers et landes arbustives de la région connaissent une progression respective de 29 % et 15 %.

    La forte progression des vergers met en évidence le succès des politiques de revalorisation de ce type de milieu (opération « Plantons le décor » du conseil régional, par exemple). Ainsi, dans de nombreux villages régionaux, des prairies et cultures proches des centres urbains des villages sont converties en vergers. La progression des landes arbustives peut quant à elle être attribuée à l’abandon de prairies isolées et à la mise en jachère prolongée de parcelles de cultures.

    Si l’on s’intéresse aux causes de régression des milieux naturels ouverts, la figure ci-contre montre que la conversion des prairies en parcelles de cultures intensives, le reboisement et l’urbanisation constituent les trois principales causes de cette régression.

    La destruction de prairies au profit d’espaces de cultures s’explique en partie par la rotation des espaces de jachère et la destruction régulière de prairies temporaires. Pour cette raison, parallèlement à leur destruction, de nombreux milieux naturels ouverts ont été créés dans la région Nord - Pas-de-Calais entre 1998 et 2005. Malgré tout, le solde de création et destruction des milieux naturels ouverts de la région est négatif. Aussi, la disparition d’une part importante des prairies est également à mettre en relation avec le moindre attrait des agriculteurs pour l’élevage. Ainsi, les régions bocagères, comme l’Avesnois ou le Boulonnais, subissent une érosion progressive de leurs espaces de prairie au profit de parcelles de cultures. De même, la plupart des ceintures bocagères des villages de l’Artois est peu à peu grignotée par les cultures intensives.

    La plantation de boisements apparaît comme la seconde cause de régression des milieux naturels ouverts de la région. Cette part atteint 15 % de la surface des milieux ouverts disparus lorsque l’on cumule les reboisements récents et les peupleraies récentes.

    Enfin, les nouveaux espaces urbanisés prélèvent une part conséquente des milieux naturels ouverts de la région. Si l’on cumule les parts de l’habitat résidentiel, des emprises industrielles, des zones de chantiers, de l’habitat rural et des équipements sportifs, la surface des milieux ouverts détruits entre 1998 et 2005 suite à l’urbanisation atteint près de 25 % et dépasse de loin la surface prélevée par le reboisement.

  • Les milieux naturels dans les programmes européens et le contrat de projets État-Région

    Les programmes européens ainsi que le contrat de projets État-Région 2007-2013 prennent en compte la restauration, la protection, le développement et la gestion des milieux naturels.

    Le programme opérationnel FEDER 2007-2013 prévoit de consacrer 27 millions d’euros à des opérations visant à « favoriser la biodiversité et préserver les milieux naturels et aquatiques ». L’objectif prioritaire est la préservation des sites d’intérêt écologique et le rétablissement de continuités pour un réseau véritablement fonctionnel. Le FEADER comporte également plusieurs mesures visant la biodiversité et les paysages (mesures agri-­environnementales, actions concernant les sites Natura 2000 hors milieu agricole, etc.).

    Le contrat de projets État-Région 2007-2013 quant à lui, s’articule autour de cinq priorités, dont celle de « reconquérir l’environnement et préserver le patrimoine naturel ».

    La mise en œuvre de cette priorité se traduit notamment par le grand projet « biodiversité et trame verte et bleue » (126,5 millions d’euros) qui comprend des opérations relatives à la gestion économe de l’espace et à la conservation de la biodiversité (24,5 millions d’euros) : connaissance, gestion, reconquête, sensibilisation, diffusion de l’information, continuité et maillage écologique. Les opérations conduites contribueront à la préservation de la biodiversité, notamment via la mise en œuvre du réseau Natura 2000.

    Le CPER comprend également l’aménagement du site national des Deux Caps et la préservation du marais audomarois qui visent principalement à préserver la diversité biologique des milieux, ainsi que le soutien à l’ingénierie des trois PNR (38 millions d’euros pour ces derniers).

  • Les papillons de jour ou rhopalocères ? : une faune connue, assez diversifiée, mais très menacée

    Bien que les invertébrés représentent certainement plus de 80 ?% de la faune, leur connaissance reste lacunaire, mis à part certains groupes comme les rhopalocères.

    Au sein du Groupe Ornithologique Nord, un important travail de connaissance sur ce groupe est mené depuis 2002 pour établir un atlas de la présence et de la répartition de ces espèces. Sa parution est prévue pour 2008. Ce sont 125 observateurs qui prospectent l’ensemble du territoire régional (si l’on découpe la région selon un quadrillage de maille 10 ?x ?10 ?km, toutes les mailles ont fait l’objet d’observations, soit plus de 25 ?000 données enregistrées ? ; pour un quadrillage de maille 5 ?x ?5 ?km, 75 ?% du territoire est couvert. Chaque donnée est expertisée et validée.

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    Communiqué de presse au format DOC

    L’Azuré porte-queue (Lampides boeticus), un individu de seconde génération à Wavrans-sur-l’Aa. Sur les 92 espèces connues historiquement dans la région, 72 ont été revues, soit 78 ?%. Sur ces 72 espèces, 11 sont exceptionnelles, 10 très rares, 11 rares, 9 assez rares, 6 peu communes, 11 assez communes et 14 communes. Aucune espèce ne peut être qualifiée de très commune.

    Les 17 espèces qui peuvent être considérées comme disparues n’étaient pas forcément indigènes sur la région. La composition spécifique de la faune n’a donc pas forcément beaucoup changé. Par contre, l’état des populations s’avère inquiétant ? : les espèces classées de rares à exceptionnelles (46 ?%) sont représentées par des populations relictuelles et proches de l’extinction pour certaines d’entre elles.

  • Les terrils, un milieu original issu de l’activité humaine

    La composition floristique et faunistique d’un terril dépend avant tout de la topographie, mais aussi de ses caractères physiques et chimiques, et de son environnement immédiat : granulométrie, orientation, abords naturels du terril, température, composition du substrat, etc. Tous ces facteurs interviennent dans la colonisation végétale du terril et sont à l’origine d’une grande variété de milieux et d’espèces entre les terrils, mais aussi sur un même terril. Compte tenu de la diversité et de l’originalité des espèces floristiques que l’on y rencontre, vingt-sept terrils ont été répertoriés à l’inventaire des ZNIEFF [21] et un a été classé en arrêté préfectoral de protection de biotope (APPB) [22].

    Les conditions spécifiques des terrils ont été favorables à l’installation d’espèces rares, voire même inconnues auparavant dans la région : l’oseille à feuilles d’écusson qui est une espèce protégée au niveau régional, le rosier agreste classé comme exceptionnel dans la région ou encore le chénopode pumilio introduit par l’intermédiaire de l’importation de laines provenant de Nouvelle-Zélande.

    Les terrils peuvent également favoriser l’expression de nouvelles formes chez une même espèce. Ainsi, la vipérine, la valériane rouge ou la saponaire présentent par endroits un type à fleurs blanches. La zone en combustion se caractérise, comme dans les régions méridionales, par une flore herbacée aimant la chaleur : le pourpier potager, la digitale pourpre. On y trouve également deux champignons caractéristiques des zones à tendance désertique : le pisolithe et l’astrée hygrométrique.

    Comme pour tout milieu naturel, la faune est inféodée à un type de végétation. Dans les zones dénudées, à végétation pionnière, on pourra rencontrer des espèces inféodées aux pierriers [23] et plans d’eau temporaires [24]. Les zones dominées par la friche haute vont profiter à de nombreuses espèces d’insectes [25] comme le criquet à ailes bleues qui est une espèce très rare dans la région en dehors des terrils. La température plus élevée profite au lézard des murailles qui se trouve d’ailleurs à sa limite nord de répartition. Les zones les plus boisées vont accueillir les espèces les plus forestières [26]. Enfin, par leur relief, les terrils représentent de véritables points de repère dans le paysage et de ce fait, des points d’arrêt pour les oiseaux en migration [27].

    Aujourd’hui, les terrils sont devenus des refuges pour la faune et la flore sauvage de la région pour lesquelles ils offrent des zones de quiétude et sont dépourvus de pesticides ou autres substances chimiques. Ils sont des « poumons verts » dans un espace souvent fortement urbanisé. C’est ainsi que les terrils, par leur diversité floristique et faunistique et par leur spécificité, sont devenus de vrais terrains d’études et de conservation.

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    Le terril de Condé
  • Qu’est-ce qu’une ZNIEFF ?

    Une ZNIEFF (zones naturelles d’intérêt écologique, floristique et faunistique) est une zone dont la faune et la flore constituent un capital biologique en bon état de conservation. Il existe deux types de ZNIEFF ? :

    •  ?les ZNIEFF de type I ? : secteurs de grand intérêt biologique ou écologique ? ;
    •  ?les ZNIEFF de type II ? : grands ensembles naturels riches et peu modifiés, offrant des potentialités biologiques importantes.

    L’inventaire des ZNIEFF est national et a pour objectif de localiser et de décrire les secteurs à forts enjeux pour le maintien de la biodiversité. La biodiversité est indispensable au maintien de l’équilibre de l’écosystème terrestre. L’inventaire ZNIEFF est signalé dans les porter à connaissance de façon à être pris en compte dans les décisions d’aménagement du territoire, en particulier pour les ZNIEFF de type I. L’inventaire n’a pas de valeur réglementaire.

    La première génération de l’inventaire ZNIEFF date des années quatre-vingt-dix. Une mise à jour est en cours de façon à garantir sa fiabilité et pour tenir compte des évolutions. Il constitue un outil de développement durable de notre région.

  • Quelques exemples de la complexité de la gestion des zones humides

    Les marais de Guines et de l’Audomarois (3 600 hectares), qui recèlent un patrimoine naturel exceptionnel pour la région, s’étendent sur 3 % du territoire du parc naturel régional des caps et marais d’Opale. Les phénomènes d’eutrophisation des eaux et la fermeture des milieux mettent en péril le marais de Guines 11. Les activités, qui garantissaient jusque-là l’équilibre du marais de l’Audomarois, déclinent : gestion hydraulique des wateringues, maraîchage, entretien des prairies. La proximité de la ville de Saint-Omer entraîne des phénomènes encore localisés de mitage et accroît la pression foncière. La Plaine alluviale de la Scarpe forme, dans sa partie aval, une large dépression renfermant localement des lits de tourbe. La faible altitude et les pentes peu marquées associées à un réseau hydrographique d’une extrême densité sont les caractères physiques dominants de cette plaine. Les pratiques agricoles et sylvicoles ancestrales associées à la dynamique naturelle de la végétation se traduisent par une grande diversité de biotopes conférant à cette plaine alluviale une valeur paysagère et une richesse biologique de premier ordre. Ces même activités, aujourd’hui intensifiées, rendent ces milieux de plus en plus vulnérables. On peut citer comme sites d’un intérêt remarquable voire exceptionnel et très différents : les tourbières de Vred et Marchiennes, le complexe forestier de Saint-Amand - Raismes - Wallers, les landes tourbeuses de la sablière de Lièvre, la mare à Goriaux, zone d’affaissement minier, ou les nombreux marais et plaines inondables du cœur le plus humide de la vallée. La diversité des communautés végétales et des structures de végétation a permis l’installation d’une avifaune riche et variée tant qualitativement que quantitativement, ayant justifié la désignation en 2006 d’une vaste zone de protection spéciale du titre du réseau Natura 2000.

    Les marais arrière-littoraux. Au sud du cap Gris-Nez, sur cinquante kilomètres, s’étendent les dunes picardes. L’orientation de ces dunes étant perpendiculaire aux vents dominants marins, elles pénètrent l’intérieur des terres sur plusieurs kilomètres, créant un écosystème complexe et varié. Entre la bande de dunes récentes face à la mer, et les dunes anciennes dans les terres, la plaine dunaire très humide abrite les marais arrière-littoraux. Tous les stades d’évolution co-existent dans les marais arrière-littoraux, depuis l’eau libre jusqu’aux zones humides boisées, abritant un grand nombre d’espèces et d’habitats patrimoniaux. Ces milieux privilégiés pour la biodiversité ont notamment un rôle essentiel d’accueil des oiseaux en halte migratoire et ont donné lieu à un fort développement de l’activité cynégétique. La conciliation des différents usages avec la protection de la biodiversité est un enjeu majeur.

[1- La boutonnière du Boulonnais a été creusée par l’érosion dans le bombement crayeux de l’Artois.

[2- Source : DIREN Nord - Pas-de-Calais.

[3- Estrans : portion du littoral entre les plus hautes et les plus basses mers

[4- Euryhalines : se dit des espèces capables de supporter de grandes variations de salinité.

[5- Poulier : accumulation de sédiments sous l’effet de la dérive littorale

[6 - Ce milieu accueille une espèce rare protégée au niveau national : le crambe maritime.

[7- Source : Agence de l’eau, 2007.

[8- Groupe ornithologique et naturaliste du Nord - Pas-de-Calais.

[9- Blongios nain, grand butor.

[10- Source : Agreste

[11- Étymologiquement, les plantes messicoles habitent les moissons (messis signifie moisson, et colere, habiter). Ainsi, au sens strict, ces plantes occupent les champs de céréales d’hiver (blé, orge, avoine, seigle). Cependant, on généralise souvent le terme « messicole » aux espèces inféodées aux terrains cultivés, supportant également plantes sarclées, vignes, jachères, etc. Une espèce messicole ne peut se maintenir dans les milieux naturels et, de ce fait, les plantes se trouvant indifféremment dans les terrains cultivés ou dans les milieux plus stables (friches, prairies, etc.) ne sont pas considérées comme telles. Au cours du XXe siècle, ces espèces ont subi une forte régression du fait de l’intensification des pratiques agricoles.

[12- Euryhalines : se dit d’espèces capables de supporter de grandes variations de salinité.

[13- Avesnois

[15 - Source : Exploitations forestières et scieries en 2005 en Nord - Pas-de-Calais, DRAF.

[16- Schistes des Ardennes, sables et argiles des Flandres, craies et argiles à silex de l’Artois et du Boulonnais, etc.

[17- De 22 familles regroupées dans 9 ordres.

[18- de 50 familles regroupées dans 19 ordres.

[19- Directive n° 79-409 du 2 avril 1979 dite directive « Oiseaux ».

[20- Directive n° 92/43 du 21 mai 1992 dite directive « Habitats, faune, flore ».

[21- Par exemple, le terril n°37 de Verquin, ou les terrils n°157 et 158 d’Haveluy.

[22- Par exemple, le terril de Pinchonvalles à Avion, le terril Renard à Denain.

[23- Tel que le traquet motteux qui profite de gros blocs schisteux comme abri pour son nid.

[24- Alyte accoucheur, pelodyte ponctué, crapaud calamite.

[25- Sur la carotte sauvage et le panais sauvage se développent les chenilles du machaon.

[26- Comme le pic vert, le pic épeiche, le pinson des arbres, les pouillots.

[27- C’est le cas du merle à plastron, de la bondrée apivore ou encore du martinet noir.

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Élements annexes
Graphiques, cartes et tableaux
  • Repères
    Source graphique : Teruti, 2004. Source carte : Sigale 2005, SIG DIREN NPDC- <p>Les grands postes de l'occupation du sol en 2005.</p>
    Source graphique : Teruti, 2004. Source carte : Sigale 2005, SIG DIREN NPDC
    Source graphique : Teruti, 2004. Source carte : Sigale 2005, SIG DIREN NPDC- <p>Les grands postes de l'occupation du sol en 2005.</p>
    Source graphique : Teruti, 2004. Source carte : Sigale 2005, SIG DIREN NPDC
  • Préserver la qualité des paysages, améliorer leur prise en compte dans les aménagements
    Source  : Atlas des Paysages de la région Nord Pas de Calais, Synthèse générale, 2005.- <p>Une grande diversité de paysages</p>
    Source  : Atlas des Paysages de la région Nord Pas de Calais, Synthèse générale, 2005.
    Source  : Atlas des Paysages de la région Nord Pas de Calais, Synthèse générale, 2005.- <p>Une grande diversité de paysages</p>
    Source  : Atlas des Paysages de la région Nord Pas de Calais, Synthèse générale, 2005.
  • Une mosaïque de milieux naturels qui présentent une richesse biologique très diversifiée et sur lesquels s’exercent de fortes pressions
    Source MNHN - IGN BD Carto - SIG DIREN NPdC.- <p>La protection du patrimoine naturel.</p>
    Source MNHN - IGN BD Carto - SIG DIREN NPdC.
    Source  : Teruti, 2004.- <p>La répartition des milieux naturels en 2004</p>
    Source  : Teruti, 2004.
    Source  : Agence de l'Eau Artois Picardie- <p>Zones humides</p>
    Source  : Agence de l’Eau Artois Picardie
  • Une diversité d’espèces menacée du fait de l’évolution défavorable des habitats
    Source  : DIREN Nord - Pas-de-Calais - 2006.- <p>es ZNIEFF de la première génération en 1991.
La première génération des ZNIEFF représentait dans la région  : ? 1 879,22 km² de ZNIEFF de type I, ? 3 188,65 km² de ZNIEFF de type II.</p>
    Source  : DIREN Nord - Pas-de-Calais - 2006.
  • Des espaces relictuels de biodiversité essentiels à préserver au sein d’un réseau maillé et fonctionnel
    Source  : http://www.sigale.nordpasdecalais.fr/CARTOTHEQUE/ATLAS/TVB/tvb.html- <p>La trame verte et bleue régionale</p>
    Source  : http://www.sigale.nordpasdecalais.fr/CARTOTHEQUE/ATLAS/TVB/tvb.html
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