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Boulonnais

  • Le diagnostic environnemental

    Les enjeux environnementaux

    L’analyse permet d’identifier sept grands types d’enjeux environnementaux pour le territoire  :

    • la préservation, gestion et sécurisation quantitative et qualitative de la ressource en eau, notamment au niveau de l’agglomération de Boulogne-sur-Mer  ;
    • le rééquilibrage entre la façade littorale et l’arrière pays et le développement d’une réponse aux grands enjeux du territoire à l’échelle intercommunale  ;
    • la préservation des milieux naturels du territoire et notamment des sites remarquables  ;
    • la création de conditions d’étalement de la fréquentation touristique dans le temps (hors période estivale) et dans l’espace (arrière pays rural) : tourisme rural, valorisation du patrimoine, etc.  ;
    • l’amélioration de la connaissance des pressions qui s’exercent sur le milieu marin  ;
    • la lutte contre le phénomène d’érosion du trait de côte notamment en zones bâties.

    Les points clés

    Atouts

    • Un patrimoine naturel et écologique exceptionnel (sites classés comme le Grand Site national des Deux Caps, de nombreuses ZNIEFF, plusieurs sites Natura 2000, etc.) et d’une grande diversité.
    • Une amélioration de la qualité des cours d’eau, en dehors de l’agglomération de Boulogne-sur-Mer.
    • Une qualité des eaux de baignade en nette amélioration, désormais bonne, sauf à Boulogne-sur-Mer.
    • L’amélioration de la qualité des eaux conchylicoles.
    • Un ensemble d’outils (PLAGE, SCOT, pays, opération «  grand site  », etc.) qui forment un solide cadre d’actions.

    Faiblesses

    • Les insuffisances en matière d’assainissement domestique et industriel, principales sources de dégradation de la qualité des eaux.
    • Des ressources en eau insuffisantes au regard des besoins et très vulnérables aux pollutions (turbidité, pesticides).
    • Le développement de la périurbanisation (notamment dans l’arrière-pays) sans cohérence avec les réseaux de transport collectif.
    • Une forte sensibilité aux risques, notamment d’inondation et d’érosion du littoral.
    • L’agriculture de l’arrière-pays se banalise et la déprise du bocage se poursuit.
    • Un bassin économique en difficulté ou la priorité des acteurs locaux se porte sur la relance de l’emploi local.

    Opportunités

    • La mise en ?uvre des mesures conservatoires déjà définies dans la charte du PNR, le SAGE, les études portant sur les sites naturels patrimoniaux et notamment l’opération Grand Site  » (maîtrise foncière pour la protection des milieux, protection du bocage, reconquête de la qualité de l’eau, etc.)
    • L’élaboration des deux futurs SCOT.
    • Le travail d’étude et de concertation préalable à l’élaboration des PPRI sur Wimereux.
    • L’existence du syndicat mixte de la Côte d’Opale qui constitue une opportunité pour le territoire en terme d’ingénierie et de portage de projets.
    • Le programme d’actions relatif aux risques de submersion marine et d’érosion côtière en lien avec le changement climatique piloté par la DIREN Nord - Pas-de-Calais.
    • Le projet de fusion des communautés de communes de Desvres et Samer.

    Pressions ou menaces

    • Une très forte pression foncière, surtout dans l’arrière-pays, avec le développement de la périurbanisation et une mauvaise application de la loi «  Littoral  ».
    • Une fréquentation touristique forte qui créée une pression importante sur des milieux sensibles.
    • Un risque potentiel d’insuffisante articulation entre les stratégies des deux SCOT.
    • Un risque de non-atteinte du «  bon état écologique  » des masses d’eau côtières.
    • L’érosion littorale qui pourrait s’accélérer du fait du changement climatique.
    • L’absence de maîtrise d’ouvrage coordonnée des travaux de protection du littoral contre l’érosion.

    Les leviers d’actions

    La stratégie de « réponse » aux enjeux environnementaux du territoire précédemment identifiés repose sur une consolidation et/ou un accompagnement des initiatives en cours [voir plus loin « L’avancement des démarches territoriales »] ou sur la mise en œuvre d’autres pistes d’action.

    La réalisation des schémas de cohérence territoriale (SCOT) de la communauté d’agglomération de Boulogne et de la communauté de communes de la Terre des deux caps, doit permettre de définir une vision partagée du territoire en vue de son développement. Ils peuvent en effet constituer un élément de réponse aux enjeux environnementaux liés au développement de la périurbanisation et au déséquilibre existant entre la façade littorale et l’arrière pays (structuration fonctionnelle du territoire).

    Il est important que ces deux SCOT soient élaborés en cohérence, en assurant une convergence sur certains enjeux stratégiques du territoire (la gestion du report de l’urbanisation vers l’intérieur des territoires, la congestion des déplacements [1], la contribution à la résolution des difficultés de gouvernance, etc.).

    L’élaboration de ces deux SCOT, couplée à la mise en place du pays du Boulonnais (soutien aux réflexions sur le foncier animées par le pays), permettrait notamment d’offrir une réponse à échelle intercommunale aux enjeux environnementaux du Boulonnais.

    La mise en œuvre des orientations stratégiques du schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) du Boulonnais (gestion de la ressource en eau et des milieux naturels, gestion qualitative de l’eau, gestion de l’espace et maîtrise des écoulements, gestion de l’eau en milieux industriels spécifiques, actions de sensibilisation, loisirs et activités nautiques, etc.) répond directement à l’enjeu de préservation, gestion et sécurisation des ressources en eau du territoire. 57 % des actions précitées ont été réalisées ou sont en cours de réalisation [2].

    La mise en œuvre des mesures conservatoires déjà définies dans la charte du parc naturel régional (PNR) des Caps et marais d’Opale, le SAGE, les études portant sur les sites naturels patrimoniaux et notamment l’opération « grand site » (maîtrise foncière pour la protection des milieux, protection du bocage, reconquête de la qualité de l’eau, etc.) participe à la préservation des milieux naturels du territoire et notamment des sites remarquables.

    La présence du parc naturel régional constitue également une opportunité pour le développement des énergies renouvelables avec la signature d’un contrat Atenee (actions territoriales pour l’environnement et l’efficacité energétique).

    La réalisation d’un schéma de conservation et de gestion du trait de côte et le PLAGE  [3](réalisation du syndicat mixte de la Côte d’Opale) permettent de sensibiliser au phénomène d’érosion du trait de côte.

    Concernant plus spécifiquement la zone littorale, un projet de définition de zones Natura 2000 en mer est en cours afin de développer les aires marines protégées. La mise en place d’une approche de type GIZC (gestion intégrée des zones côtières) permettrait une approche globale des enjeux.

  • L’état de l’environnement

    Les éléments de contexte

    Les dynamiques urbaines et démographiques

    Le territoire est structuré de façon concentrique autour de l’agglomération de Boulogne-sur-Mer, dont l’activité (portuaire, industrielle et de services) draine près de 70 % des actifs du territoire. On distingue par ailleurs deux pôles secondaires : Desvres, qui joue un rôle structurant pour les communes rurales alentours, et Marquise avec un bassin carrier de plus de 2 000 ha en pleine activité.

    La concentration de la population le long du littoral est une donnée structurelle ancienne. Malgré une population en nombre stable, la périurbanisation se poursuit autour de Boulogne et sur la basse vallée de la Liane, le long de l’autoroute A16.

    La pression touristique est forte : dans une région pauvre en espaces naturels, le littoral est en effet la destination privilégiée de nombreux habitants du Nord - Pas-de-Calais. ce tourisme de proximité, s’ajoute une nouvelle fréquentation étrangère générée par l’ouverture du tunnel sous la Manche.

    Il existe un fort enjeu de déconcentration dans le temps (hors période estivale) et dans l’espace (arrière-pays rural) de la fréquentation touristique.

    L’agriculture et la pêche

    Le territoire se distingue par une activité agricole dynamique qui recouvre les deux tiers du territoire, avec près de 1 000 exploitations [4] tournées principalement vers l’élevage bovin. Si la surface agricole utile (SAU) a quantitativement peu évolué depuis vingt ans ; la part de la surface toujours en herbe (STH) a diminué au profit des cultures fourragères, et notamment du maïs.

    La réduction massive du nombre d’exploitations a conforté la tendance à l’intensification des pratiques agricoles, entraînant la régression du bocage et des problèmes de traitement des effluents issus des bâtiments d’élevage. Le Boulonnais, comme la Manche dans sa globalité, est également une zone de pêche maritime importante.

    Les caractéristiques environnementales

    Les paysages [5]

    Le territoire correspond à une dépression triangulaire d’une superficie de 70 000 hectares, ouverte à l’ouest sur la mer et bordée à l’est et au sud par l’escarpement raide du plateau d’Artois, formant la boutonnière du Boulonnais. La dépression, appelée Bas-Boulonnais, possède une nature géologique très variée. Les nombreuses failles ont donné naissance à un paysage vallonné et à une grande diversité de sols.

    Le Haut-Boulonnais, constitué par le rebord crayeux de l’Artois (dénommé cuesta), ceinture le Bas-Boulonnais du cap Blanc-Nez à Dannes et Camiers, en passant par Desvres. Il culmine à environ 200 mètres d’altitude.

    Site classé depuis 1987, le grand site national des Deux Caps (cap Blanc-Nez et cap Gris-Nez) est un des sites emblématiques de la région Nord - Pas-de-Calais. Il se déroule sur une façade maritime de 25 km, profondément marquée par des grands secteurs de falaise : falaise jurassique pour le Gris-Nez et falaise du crétacé pour le Blanc-Nez, séparés par la baie de Wissant.

    Plus précisément, trois grands types de paysages caractérisent le territoire :

    • les paysages du Boulonnais proprement dits, constitués des coteaux de la boutonnière, du fond bocager et du bassin carrier (en dehors de la façade littorale). Ce sont des paysages de bocage, cernés par le relief de la boutonnière et ouverts sur la mer ;
    • les paysages des dunes et estuaires d’Opale : ce sont de vastes ensembles dunaires qui se poursuivent en Picardie (Marquenterre). Ces paysages de littoral « picard » proposent un feuilleté de plages, de dunes, d’étangs et de marais arrière-littoraux. Ils comprennent l’estuaire de l’Authie, et possèdent un caractère trans-régional affirmé ;
    • les paysages des falaises d’Opale, constitués des caps et de la façade maritime boulonnaise. Ce littoral offre une très grande diversité sur quelques kilomètres.

    Les espaces naturels et la diversité biologique

    Le Boulonnais, dans son ensemble, est caractérisé par un patrimoine écologique d’une qualité exceptionnelle et d’une grande diversité.

    Identifié en tant que carrefour biogéographique, le Boulonnais présente des substrats géologiques variés, supports d’une mosaïque de milieux naturels (sept ZNIEFF [6]) et d’un patrimoine écologique d’une qualité exceptionnelle. De nombreux sites sont particulièrement remarquables : la richesse biologique littorale des falaises ; les dunes de type flamand et picard ; les zones humides telles que les marais dunaires de Tardinghem, les prairies humides de Beuvrequen et l’estuaire de la Slack ; les milieux très spécifiques de dunes décalcifiées (pré communal d’Ambleteuse) ; les pelouses calcicoles de la cuesta sud du Boulonnais (protégées par des arrêtés préfectoraux de protection du biotope) ; les forêts de Desvres, de Boulogne, d’Hardelot et de Guînes, etc. La plupart de ces sites a été désignée Natura 2000.

    D’autre part, le bocage développé autour des forêts de Boulogne et Desvres constitue une importante structure écologique de biotope bocager, bordé par la mer et par les prairies humides, les forêts et les petits cours d’eau.

    L’eau

    Les eaux souterraines

    De par sa géologie, le Boulonnais ne dispose pas d’une importante ressource : seuls 55 % des besoins des Boulonnais sont satisfaits par des prélèvements dans la nappe de la craie à la périphérie du bassin. Le territoire dispose cependant de nombreuses petites réserves en eaux souterraines. Elles se trouvent dans les calcaires du Jurassique, et alimentent de nombreux petits captages. Les principaux problèmes résident dans la gestion de la qualité de la ressource. En effet, les formations du Jurassique sont très vulnérables et les principales pollutions rencontrées sont la turbidité et les pesticides. La turbidité provient de la nature des formations géologiques et ne peut être éliminée que par traitement. La présence des pesticides a tendance à se généraliser.

    Par ailleurs, la présence de nitrates constitue une pression significative et une vulnérabilité forte sur les eaux souterraines.

    Les eaux superficielles

    De par sa topographie, le bassin côtier du Boulonnais constitue une entité hydrographique qui s’individualise nettement des autres bassins du Nord - Pas de Calais. Le relief accidenté et les sols à dominante argileuse ont donné lieu à la formation d’un chevelu dense de petits ruisseaux dont le régime s’apparente à celui des torrents.

    Cependant, pendant les périodes sèches, en l’absence de nappe souterraine importante, les écoulements se tarissent fréquemment. Les variations de débit ont pour conséquence un faible pouvoir auto-épuratoire des cours d’eau. Ces faibles débits, conjugués à l’érosion des sols, entraînent également l’envasement des estuaires. Ce comblement a une influence en amont.

    La masse d’eau de surface de la Liane constitue une ressource en eau non négligeable. La Slack est la seule rivière qui a fait l’objet d’aménagement en Wateringues sur 50 ha. C’est aussi la seule dont l’estuaire a été en partie préservé.

    En dehors du secteur de Boulogne-sur-Mer, la qualité des cours d’eau s’est améliorée ces dernières années, mais elle ne parvient pas à atteindre un niveau excellent malgré l’absence de sources de pollutions importantes. Les matières en suspension constituent le facteur le plus critique. Les insuffisances en matière d’assainissement domestique et industriel sont la principale cause de dégradation.

    Les zones humides du Boulonnais se distinguent par leur lien avec la mer, leur appartenance au domaine biogéographique atlantico-européen et par le substrat sableux d’une partie d’entre elles. Elles n’occupent qu’une fraction faible du territoire, mais jouent un rôle important dans l’accroissement de la biodiversité régionale.

    Les eaux littorales

    Sur le territoire, le « littoral » s’étend sur une cinquantaine de kilomètres et offre notamment une quinzaine de zones de baignade. On y trouve aussi des gisements naturels de moules, des sites potentiels de développement de bouchots et des lieux d’activités de loisirs liés à la mer.

    La qualité du milieu marin

    Pour les secteurs « naturels » (hors port), et compte tenu des connaissances actuelles très partielles, on peut noter que, du point de vue biologique, les milieux littoraux constituent une grande richesse écologique pour le bassin. L’équilibre de la flore phytoplanctonique pose néanmoins partout problème, en lien avec les apports en nutriments. L’eutrophisation s’impose en effet comme une problématique environnementale dans tout le bassin, avec de spectaculaires proliférations algales sous forme de mousse au printemps. Ces proliférations dues à l’algue Phaeocystis ont essentiellement un impact visuel et ne manifestent aucune toxicité directe.

    En matière de micropolluants organiques, la surveillance révèle des contaminations en hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), polychlorobiphényls (PCB) et lindane, dont l’impact sur les écosystèmes reste à évaluer.

    La qualité bactériologique du milieu marin littoral est notamment évaluée grâce aux normes pour les eaux de baignade. La qualité des eaux de baignade, qualifiée de « catastrophique » en 1988, s’est fortement améliorée pour répondre aujourd’hui aux normes, sauf à Boulogne-sur-Mer. Cependant, depuis 1997, la part des plages classées en « très bonne qualité » varie de manière importante selon les années.

    La qualité des eaux conchylicoles s’améliore progressivement sans atteindre toutefois la classe A.

    Il existe différents réseaux de surveillance ; leur optimisation est en cours dans le cadre du schéma directeur des données sur l’eau (SDDE).

    La connaissance des milieux marins côtiers reste à améliorer : qualité chimique, faune, flore, impact des pressions, notamment impact de la réception des effluents, des rejets directs en mer, etc.

    Les risques naturels et technologiques

    Les risques naturels

    Le Boulonnais est soumis à deux grands types de risques naturels : l’érosion côtière et les inondations.

    L’érosion côtière

    L’érosion importante du trait de côte, des falaises et dunes littorales est aggravée par les conséquences négatives de la pression humaine. La crise érosive touchant le trait de côte s’inscrit dans ce que l’on peut appeler un « cycle » d’évolution du littoral constitué de phases d’accumulation, de phases d’équilibre et de phases de pénurie sédimentaire, donc de recul.

    Les facteurs qui influencent l’équilibre du trait de côte sont très variés, depuis les facteurs structurels tels que la morphologie, la nature des sédiments ou les conditions hydrodynamiques, jusqu’aux facteurs circonstanciels : variations climatiques, tempêtes, etc.

    Le littoral est fragile, et son équilibre précaire, ce qui nécessite la mise en place de dispositifs d’amélioration des connaissances, de suivi et de gestion.

    Un plan de prévention des risques (PPR) sur les côtes à falaises, piloté par le Service maritime des ports de Boulogne et Calais (SMBC), concerne dix communes littorales du Calaisis et du Boulonnais, de Sangatte à Équihen-Plage. Le PPR a été soumis à enquête publique fin 2002 et a été approuvé par le préfet en octobre 2007, malgré des difficultés d’application sur des secteurs situés à l’arrière d’ouvrages de défense côtière.

    L’érosion du trait de côte concerne également les côtes basses meubles qui font l’objet de deux PPR « érosion, déplacement dunaire et submersion marine », regroupant trente communes depuis la baie de l’Authie jusqu’au cap Gris-Nez et du cap Gris-Nez à la limite du département du Nord. Ces deux PPR sur côtes basses sont parvenus à la définition des différents zonages réglementaires.

    Par ailleurs, un programme d’étude des risques de submersion marine et d’érosion côtière en lien avec le changement climatique a été lancé en 2005. Piloté par la DIREN Nord - Pas-de-Calais, ce travail s’appuie sur les contributions du Centre d’études techniques de l’équipement (CETE) Nord - Picardie, du Centre d’études techniques maritimes et fluviales (CETMEF) et des directions départementales de l’Équipement (DDE) locales.

    Les inondations

    Les caractéristiques du bassin hydrographique présentées précédemment montrent la forte sensibilité du territoire aux risques d’inondations. Pendant les fortes pluies, la montée des eaux est brutale et les crues générées par les trois fleuves côtiers (la Liane, le Wimereux et la Slack) provoquent rapidement des inondations sur plusieurs centaines d’hectares.

    Ces trois rivières ont fait l’objet d’un Atlas des zones inondables. Le plan de prévention des risques d’inondation (PPRI) de la Liane est approuvé depuis le 16 février 1999 et modifié sur sa partie aval depuis le 5 Juillet 2004. Les communes riveraines de la Liane bénéficient d’un dispositif de prévision de crues organisé par l’État.

    Un programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) a été lancé en 2004 sur le bassin côtier du Boulonnais. Il est porté par le Syndicat mixte pour le schéma d’aménagement et de gestion des eaux du Boulonnais (Symsageb).

    Les risques technologiques

    Le Boulonnais ne compte ni site classé « Seveso », ni silo ou dépôt d’engrais soumis à autorisation.

    Les pollutions marines accidentelles

    La forte fréquentation maritime du détroit du Pas de Calais constitue un important risque d’accident maritime.

    Le plan « Polmar Mer » de la Manche et de la mer du Nord organise la lutte en mer contre une pollution de grande ampleur. Le plan « Polmar Terre » du Pas-de-Calais, destiné à préparer la lutte contre les pollutions marines accidentelles, a été arrêté le 12 janvier 2004.

    La DIREN Nord - Pas-de-Calais a été chargée de deux des annexes techniques : le plan de sauvetage de la faune touchée (réalisé en 2003) et l’inventaire des zones sensibles du littoral aux pollutions marines accidentelles. Cet inventaire a donné lieu à la production d’un atlas en 2006. Ce document a pour objet de définir les zones les plus sensibles du littoral en cas de pollution accidentelle, en particulier les pollutions par hydrocarbures. Cet atlas est assorti de préconisations environnementales en matière de lutte contre les pollutions, de façon à aider les services en charge de l’élaboration du plan de nettoyage à limiter les impacts des opérations de nettoyage sur les milieux naturels.

    Le sol et le sous-sol

    Dans le Boulonnais, 446 sites BASIAS [7]ont été recensés, ainsi que 7 sites BASOL [8] dont Manoir Industrie à Outreau.

    L’air et le bruit

    La qualité de l’air subit l’impact du trafic automobile, surtout dans le centre de l’agglomération boulonnaise. Mais les niveaux d’oxydes d’azote ne dépassent pas les normes en vigueur. Ainsi, une campagne de mesures du dioxyde d’azote (NO2) réalisée en 2000-2001 n’a pas montré d’impact sur le secteur du trafic automobile lié à l’A16.

    Le sud-ouest du Boulonnais est davantage touché par la pollution photochimique. Depuis la fermeture du principal émetteur industriel en 2004, le Boulonnais ne possède plus de « gros » émetteurs répertoriés par la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (DRIRE).

    13 % du réseau routier est classé pour le bruit, ainsi que 51 % du réseau ferré. Ces deux pourcentages sont au-dessus de la moyenne départementale.

    L’énergie

    Le territoire du Boulonnais comporte quelques entreprises grosses consommatrices d’énergie et donc fortes émettrices de gaz carbonique.

    Parmi les 117 entreprises assujetties au plan national d’allocation des quotas (PNAQ) du Nord - Pas-de-Calais, trois se trouvent sur le territoire du Boulonnais. Elles relèvent d’activités variées : cimenterie Holcim à Lumbres, Chaux et Dolomies du Boulonnais, Continen­tale Nutrition à Boulogne-sur-Mer.

    En matière d’énergie, plusieurs initiatives sont en cours sur le territoire, et notamment :

    • la décision de créer un réseau de chaleur produite par une chaudière à bois de 2 MW à Outreau qui alimentera 650 logements collectifs et des établissements scolaires. Il est actuellement en construction ;
    • l’expérimentation à Équihen d’une éolienne à axe horizontal de petite taille (6 KW) susceptible de s’insérer dans le tissu urbain.

    Par ailleurs, un parc éolien a été installé au Portel (quatre machines de 750 kW) et le parc naturel régional des Caps et marais d’Opale a été le premier à lancer un schéma territorial éolien.

    Un contrat Atenee (actions territoriales pour l’environnement et l’efficacité energétique) est également mis en œuvre depuis début 2003 par le PNR des Caps et Marais d’Opale.

    Les déchets

    Le taux de valorisation matière des déchets municipaux est de 25 % en moyenne sur le territoire, soit un taux inférieur à la moyenne régionale, qui était de 32 % en 2004 [9]. Ce taux est proche de la moyenne régionale sur la communauté de communes de la Terre des deux caps.

    Trois des quatre collectivités ont engagé la promotion du compostage individuel : les communautés de communes de la Terre des deux caps, de Samer et du Pays de la faïence de Desvres.

    Dans le domaine des déchets ménagers, une baisse significative du tonnage produit est constatée et il faudra attendre les prochaines années pour savoir si elle est durable ou conjoncturelle. Le taux de valorisation matière est en augmentation tandis que le tonnage de déchets ultimes est en baisse.

    En terme d’équipements, le territoire dispose de deux centres de tri des déchets ménagers créés et exploités par les collectivités : la communauté d’agglomération de Boulogne et la communauté de commune du Pays de la faïence de Desvres. Par ailleurs, les déchets végétaux sont traités sur des plates-formes de compostage extérieures, et les déchets résiduels sont principalement mis en centre de stockage à Dannes.

    La gouvernance et l’écocitoyenneté

    Le territoire est compris dans le périmètre du parc naturel régional des Caps et Marais d’Opale. Le PNR développe, entre autres, des actions en matière de paysage et d’urbanisme (schéma local éolien, accompagnement des collectivités pour l’élaboration des plans locaux d’urbanisme, etc.) et a animé le schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE) du Boulonnais.

    Un « espace Info Énergie » couvre les zones relevant du PNR des Caps et Marais d’Opale depuis le 1er janvier 2007.

    Dans le domaine de l’éducation à l’environnement, le territoire compte deux équipements éducatifs et touristiques importants sur la thématique de la mer et du littoral : Nausicaa et Arena (centre d’interprétation des dunes). Ce dernier propose également des animations pour les scolaires conçues en collaboration avec le syndicat mixte Eden 62 et des enseignants missionnés par le rectorat de Lille.

  • L’avancement des démarches territoriales fin 2007

    Principales intercommunalités

    Le territoire fait partie du syndicat mixte de la Côte d’Opale. On distingue quatre principales intercommunalités :
    • la communauté d’agglomération du Boulonnais ;
    • la communauté de communes de la Terre des deux caps ;
    • la la communauté de commune du pays de la faïence de Desvres ;
    • la communauté de communes de Samer et environs. Les institutions travaillent actuellement à la fusion des communautés de communes du pays de la faïence de Desvres et de Samer et environs, qui devrait être effective début 2009.

    Le territoire fait également partie de l’aire métropolitaine Côte d’Opale - Flandre occidentale belge [10].

    Démarches de « pays »

    Le pays du Boulonnais a été constitué en février 2003 et comprend les quatre établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) précitées. Le pays du Boulonnais a financé plusieurs études portant sur le foncier, le tourisme et les déplacements. Une enquête « ménages - déplacements » à l’échelle de la communauté d’agglomération du Boulonnais et des communautés de communes du pays de la faïence de Desvres et de Samer et environs est en cours.

    Schéma de cohérence territoriale (SCOT)

    Deux schémas de cohérence territoriale (SCOT) émergent sur un même bassin de vie.

    La communauté d’agglomération de Boulogne (CAB) lance une révision de son schéma directeur confiée à l’agence d’urbanisme de Boulogne. La CAB a été rejointe par le Pays de la faïence de Desvres et Samer et environs. Un syndicat mixte a été constitué fin 2007.

    La communauté des Deux caps lance également un SCOT, avec un appui de l’agence d’urbanisme qui a une mission de mise en cohérence des différents schémas.

    Parc naturel régional (PNR)

    Le PNR des Caps et Marais d’Opale (CMO) couvre l’ensemble du territoire sauf la ville de Boulogne-sur-Mer. Sa charte porte sur la période 2000-2010 et a fait l’objet d’une révision à mi parcours. La démarche de révision de la charte a été délibérée par le syndicat mixte en juin 2007 et devrait entrer dans une phase opérationnelle à compter d’avril 2008.

    Schéma d’aménagement et de gestion des eaux (SAGE)

    Le périmètre du SAGE du Boulonnais dépasse celui du pays. Le SAGE, porté par le Symsageb [11], est finalisé et a été approuvé en 2004. Il est animé par la commission locale de l’eau, avec l’aide du PNR des Caps et Marais d’Opale. 57 % des actions prévues sont réalisées ou en cours de réalisation.

[1 - Enquête « ménage et perspective » de PGD (politique globale des déplacements)

[3- Plan littoral d’actions pour la gestion de l’érosion : outil d’aide à la décision sur lequel tous les gestionnaires de l’espace littoral, dont les collectivités, peuvent s’appuyer pour mettre en œuvre des solutions de gestion de l’évolution du trait de côte

[4 - Données DDAF Pas-de-Calais.

[5- Voir l’Atlas des Paysages de la DIREN Nord - Pas-de-Calais

[6 - Zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique de type 1.

[7- Inventaire historique régional des sites industriels et activités de service, destiné à fournir les informations utiles à la planification urbanistique et à la protection de l’environnement. BASIAS ne renseigne pas sur l’état des sites qui y sont recensés.

[8- Inventaire des sites pollués ou potentiellement pollués, appelant une action des pouvoirs publics et des exploitants à titre préventif ou curatif.

[9- Données OVaM 2004.

[10- Appel à projets de la DATAR de juin 2004.

[11- Le Symsageb regroupe sept EPCI : les quatre intercommunalités citées formant le pays du Boulonnais, auxquelles s’ajoutent deux EPCI du Calaisis (CC du sud-ouest du Calaisis, CC des Trois pays) et un EPCI du Montreuillois (CC de Mer et terres d’Opale).

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  • L’état de l’environnement
    Population
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