Maisons de vacances
Les résidences secondaires composent une part importante des paysages urbains du Grand paysage régional, du simple chalet à la grande villa. La forte représentation de constructions des années 1950 et 1960 pourrait être un support de travail pour des aménagements à venir.
Face à l’étroitesse spatiale de ces paysages, deux
grandes questions semblent posées : quelle conception du
développement urbain et économico-touristique promouvoir
et quelles réponses apporter aux impératifs de gestion des
paysages ? Comment, en effet, imaginer un avenir équilibré
dans un contexte de pression urbaine grandissante, en
particulier depuis la mise en service de l’autoroute A16 qui a
rapproché la métropole lilloise, mais aussi Amiens et Paris.
Au regard des enjeux de préservation des milieux naturels - des milieux dunaires mais aussi des Bas- Champs - il s’agit à l’évidence de « contenir » la ville mais aussi d’inventer un développement afin que ce littoral vive et ne soit pas cantonné à être un grand hôpital, un lieu de vie pour personnes âgées ou encore une zone de récréation pour des urbains vivant ailleurs...
Ces questions sont celles de tous les littoraux de France, mais elles sont posées ici avec une force supplémentaire correspondant à la richesse des patrimoines naturels. L’évolution des pratiques touristiques est également une source de réflexions, à court, moyen et long termes, en particulier en matière d’hébergements et ici singulièrement de camping et de caravanage.
Ce Grand paysage régional compte énormément de campings, lieux emblématiques du tourisme régional, familial, modeste, heureux... Mais le camping ne se pratique plus de la même manière, les tentes deviennent chalets, les chalets petites maisons... et leurs implantations « dans » la nature entrent en conflit avec les objectifs de protection des milieux mais aussi des paysages. Ces interrogations traversent l’ensemble des dunes et estuaires d’Opale. Elles se posent de la même manière - à quelques nuances près - à Neuchâtel-Hardelot, Étaples, Le Touquet ou Berck en passant par Cucq ou bien Camiers. Sur l’ensemble de cette côte, les sites des villes ou villages primitifs sont situés à l’interface entre les dunes et les marais ou entre les dunes et les collines. Ces noyaux urbains s’égrènent ainsi le long de la RD940. Sur l’ensemble de cette côte, les quartiers des plages sont des créations récentes répondant à des plans d’urbanisme rigoureux, que ces derniers privilégient les tracés réguliers ou les formes libres. Sur l’ensemble de cette côte, les stations s’enchâssent dans des milieux naturels exceptionnels et ont cherché à « capter » ces paysages, par exemple en plantant des villas dans des bois.
Sur l’ensemble de cette côte, il existe une tension entre le site d’origine et la station, tension historique, urbanistique, sociologique, fonctionnelle, etc. Sur l’ensemble de cette côte, des zonages de protection « sanctuarisent » certains espaces, en particulier dans la première frange littorale ; tandis que la zone intérieure semble davantage livrée aux développements spontanés. Comment mieux dire que l’ensemble de cette côte mérite des réflexions globales d’aménagement, comme en proposent les outils de « gestion intégrée des zones côtières » en plein développement ou encore les schémas de planification stratégique.
Mais, il ne faut pas négliger l’autre versant des problématiques, à savoir la gestion des milieux naturels protégés. Quelle « nature » promouvoir, quels paysages créer ? Lorsque la main de l’homme se retire, les arbres lentement réapparaissent. Certaines plantations de conifères montrent que le boisement peut également intervenir volontairement comme une solution de gestion économe. Aujourd’hui, les paysages des dunes et des estuaires proposent une harmonie exceptionnelle ou la notion de paysages secrets trouve ses plus belles incarnations.
Et demain ?





Version imprimable