Éléments forts de composition
- Des paysages naturels largement dominants d’une extrême beauté et d’une très grande richesse biologique.
- Une grande présence des massifs forestiers fréquemment urbanisés dans les stations balnéaires.
- Des espaces soumis à une très forte fréquentation touristique, en particulier pendant la période estivale.
- Des villes très marquées par l’importance du phénomène touristique : résidences secondaires, campings...
- Un bouleversement de « l’espace-temps » régional depuis la mise en service de l’A16, qui soumet ces paysages à une pression urbaine accrue.
- Des usages de l’espace « loisir », l’agriculture n’étant plus guère présente dans ces paysages, qui peuvent être contradictoires, voire conflictuels avec celle-ci.
Littoral dunaire d’Opale
Le littoral dunaire s’étire sur trente kilomètres entre le Sud d’Équihen-Plage et le Nord de Berck. La profondeur de l’entité paysagère est de deux à trois kilomètres à l’intérieur des terres. Au Nord de la Canche, les dunes sont en contact direct avec l’ancienne falaise surplombée de collines calcaires. Cette zone de contact devient extrêmement riche et complexe au niveau de Neuchâtel-Hardelot lorsque les dunes semblent vouloir recouvrir la fin de la cuesta boulonnaise.
Au Sud de la Canche, les dunes sont en contact avec les marais arrière littoraux et ainsi relativement éloignées de l’ancienne falaise, dont le relief est par ailleurs bien moins marqué qu’au Nord. Il existe finalement peu de stations balnéaires sur ces trente kilomètres de plage, mais elles sont parmi les plus célèbres au niveau régional et national.
Au Nord de la Canche se trouvent Hardelot-Plage et Sainte-Cécile et, entre la Canche et l’Authie, Le Touquet- Paris-Plage, Stella-Page, Merlimont-Plage et Berck. Une moyenne de 4 kilomètres de dunes sépare les stations, avec le cas particulier des dunes situées au Sud d’Hardelot- Plage qui représentent - si l’on omet la petite station de Sainte-Cécile qui connut bien des vicissitudes lors de sa création - dix kilomètres avant l’estuaire de la Canche.
La qualité des stations de ce littoral, par de-là les différences sociologiques qui les caractérisent, est en partie dûe à leur implantation dans les boisements dunaires situés à l’arrière du front de mer. Grâce à leur grande dimension, ces paysages dunaires sont d’une incroyable beauté. Ces immenses vagues de sables proposent mille nuances, le paysage se dérobe en raison du relief ou de la végétation et semble plus loin complètement différent, mais toujours unifié. Les oyats succèdent aux fourrés, tandis que les arbres sont partout nombreux. Bien que très nombreux, les aménagements de découverte font montre d’une discrétion et d’une qualité certaine. Il est possible tout à la fois de les oublier et de les utiliser pour mieux découvrir ces sites.
La marche à pied est sans doute le meilleur moyen pour découvrir ces paysages exigeants. Les itinéraires de randonnée pullulent à commencer par le chemin de grande randonnée du littoral. L’été, des animations permettent d’aller plus loin encore : visites thématiques, nocturnes, etc.
Baie d’Authie
La baie d’Authie est sans doute l’une des plus petites entités paysagères proposée dans l’Atlas régional des paysages. En effet, les paysages de la baie, larges au maximum de 4 kilomètres du Nord au Sud, s’enfoncent sur une dizaine de kilomètres vers l’intérieur des terres. L’entité, située à cheval sur les Régions Nord - Pas-de-Calais et Picardie, constitue un espace possédant une très forte identité paysagère, décrite plus loin dans le chapitre « thématiques transversales ».
L’estuaire est un milieu de vase, de sable, de végétation rase. La beauté de ces lieux apparaît concentrée dans les reflets métalliques laissés par les eaux sur des vases sombres couronnées d’herbes glauques. La baie et tous ceux qui s’en approchent vivent au rythme des marées. Quelques anciennes fermes, quelques maisons de villégiatures osent flirter avec les forts coefficients. De nombreux chemins, perpendiculaires au rivage, permettaient aux embarcations d’accéder à l’eau.
Aujourd’hui, l’incroyable petit port de la Madelon de l’Authie, avec ses bateaux à fleur de vase, possède le charme incontestable des folles tentatives ! La rive picarde, avec ses mollières importantes est vouée à la chasse. La rive Nord quant à elle lutte contre les flots qui l’érodent patiemment. Des digues tentent de contenir les eaux, mais ces ouvrages conséquents semblent pourtant bien modestes face à la vigueur marine.
La baie d’Authie est encore un paysage à découvrir à pied. Le sentier de grande randonnée permet de longer la rive Nord. Deux points de vue sont aisément accessibles en voiture ; il s’agit de la pointe du Haut Banc à Berck et évidement du port de la Madelon.
Bas-Champs
Les Bas-Champs occupent une bande étroite de trois kilomètres d’Est en Ouest, et de quinze kilomètres environ du Nord au Sud. Ils sont essentiellement situés entre Canche et Authie, bien que l’on trouve une très étroite zone humide située à l’arrière des dunes du Nord d’Étaples. Ces marais arrière-littoraux sont connectés aux fonds des deux vallées fluviales, en particulier au niveau de la Canche qui présente une importante plaine humide entre Étaples et Montreuil-sur-Mer.
Les Bas-Champs présentent des degrés d’humidité variables. Le coeur des marais se situe au niveau des marais de Balançon, eux-mêmes d’une altitude plus basse à l’Est (du côté de la falaise morte) qu’à l’Ouest. Au Nord et au Sud de ces marais, les terrains sont un peu plus hauts et les paysages plus nettement prairiaux, voire parfois légèrement bocagers. Afin de permettre l’accès aux pâturages et pour relier les communes situées de part et d’autre, de rares chaussées, plus ou moins surélevées par rapport au terrain naturel, traversent les Bas Champs d’Est en Ouest. Au regard de la contrainte hydraulique, l’habitat est à peu près absent des Bas Champs, à l’exception notable de la commune de Rang-du-Fliers, ou se côtoient de nombreux campings et des maisons individuelles.
La RD940 est très intéressante pour appréhender ces paysages en raison de son positionnement à cheval entre les dunes et les marais. Malheureusement, entre Étaples et Merlimont, la route présente une urbanisation linéaire presque continue - comme c’est le cas entre Condette et Camiers sur son ancien tracé - qui occulte beaucoup des vues périphériques. De ce fait, pour tenter de pénétrer les secrets des Bas-Champs, il convient d’emprunter les routes qui les traversent, comme par exemple entre Merlimont et Saint-Josse (RD144E) ou entre Merlimont et Airon-Notre- Dame (Chaussée d’Épy).





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