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Observatoire Régional Biodiversité

L’observatoire régional de la biodiversité, c’est l’outil novateur, au service de tous et accessible à tous

jeudi 26 avril 2012 | partager | envoyer un Email � | flux rss

L’État et le Conseil régional ont créé ensemble l’Observatoire de la biodiversité du Nord - Pas-de-Calais (inauguration le 16 juin 2010).

Financé à 25% par l’État, 25% par la Région et 50% par l’Europe (FEDER), cet outil novateur, au service de tous et accessible à tous, produit chaque année des indicateurs de suivi de l’état de la biodiversité en Nord - Pas-de-Calais. Au nombre de 59 pour l’année 2010, les indicateurs de biodiversité permettent de suivre, entre autres, le nombre d’espèces disparues de la flore régionale, la surface artificialisée annuellement, la surface en aires protégées à terre et en mer, la proportion des masses d’eau douce en bon état écologique.

Les objectifs de cet observatoire sont de :

  • analyser et interpréter les informations collectées par le Réseau des acteurs de l’information naturaliste (RAIN) et les acteurs partenaires ;
  • dresser un état de la biodiversité régionale et l’effet des politiques publiques (Trame verte et bleue et schéma régional de cohérence écologique, réserves naturelles nationales et régionales, Natura 2000, etc.) et les mettre en perspective avec les territoires voisins ;
  • mettre à disposition une information naturaliste simple et accessible au grand public et aux décideurs publics et privés ; communiquer, informer et valoriser l’information sur la biodiversité par le biais de manifestations, de colloques et de conférences ;
  • contribuer à l’élaboration des stratégies régionales de préservation de la biodiversité.

Les résultats obtenus permettent également d’évaluer l’efficacité des politiques publiques mises en œuvre en matière de protection de la nature. Chaque année, l’Observatoire décrit notre environnement naturel et son évolution, et analyse les politiques engagées pour le protéger. Véritable outil de partage de la connaissance, l’Observatoire de la biodiversité entend informer, sensibiliser et mobiliser le plus grand nombre.

Concrètement, l’Observatoire de la biodiversité est hébergé par le Conservatoire Botanique National de Bailleul.

Les types d’indicateurs

L’Observatoire s’appuie sur trois types d’indicateurs :

  • état (ex : la flore, les mammifères, les reptiles, les oiseaux, les insectes, les mollusques, les poissons, les champignons) ;
  • pression (ex : la pollution de l’eau ou les surfaces urbanisées par an en région) ;
  • réponse (ex : les montants consentis par l’État, le Conseil régional ou les Conseils généraux pour la préservation de la biodiversité.). Certains indicateurs sont à la fois des indicateurs d’état et de pression (ex : la montée du niveau des mers est un indicateur d’état susceptible d’entraîner un certain nombre de pressions sur le patrimoine naturel).

Comment et par qui sont-ils sélectionnés ?

Le Conseil scientifique de l’Observatoire, composé de dix personnes expertes de la biodiversité, se rassemble chaque année afin d’établir une proposition d’indicateurs régionaux pour l’année suivante. La sélection est réalisée en fonction de l’intérêt scientifique des indicateurs proposés, de leur intérêt au regard des enjeux en terme de préservation de la biodiversité régionale et de leur disponibilité à l’échelle régionale.

Comment sont-ils analysés ?

Les indicateurs sont produits par l’Observatoire sur la base des données fournies par le Réseau des Acteurs de l’Information Naturaliste et par d’autres producteurs (services de l’État, établissements publics, collectivités, associations, universités, etc.). Leur analyse est réalisée en étroite collaboration avec ces producteurs qui ont rédigé une partie des fiches de présentation des résultats.

Comment sont-ils validés ?

Les experts régionaux, notamment les membres du conseil scientifique de l’Observatoire, relisent et corrigent le cas échéant l’ensemble des informations rassemblées dans les fiches-indicateurs, garantissant ainsi la valeur scientifique de la brochure finale.

Indicateurs européens, nationaux et régionaux

Au nombre de 59 pour l’année 2010 (publiés en 2011), les indicateurs de biodiversité se subdivisent en deux catégories :

  • 26 sont recommandés par la Stratégie nationale pour la biodiversité (2004) et l’Agence européenne de l’environnement. Ces indicateurs sélectionnés seront renseignés tous les ans.
  • 33 indicateurs spécifiques aux problématiques régionales. Ces indicateurs varieront d’une année à l’autre en fonction du rythme d’actualisation des données permettant le calcul des indicateurs : certaines données ne sont actualisées que tous les 5 ou 7 ans par exemple. Le thème de l’année 2010 est « l’état de la biodiversité dans le Nord - Pas-de-Calais ». En 2011, dans le cadre de l’Année internationale de la Forêt et de l’Année internationale de la Chauve-souris, l’observatoire s’intéressera plus particulièrement à ces deux thématiques (publication des indicateurs prévue mi 2012).

La brochure de synthèse 2010

Cette brochure constitue un véritable bilan de santé de la nature en Nord - Pas-de-Calais. Près de 40 structures spécialistes de l’environnement régional ont contribué à la réalisation de ce bilan sans précédent dans notre région et parmi les tous premiers en France. Les indicateurs n’ont pas vocation à décrire de manière exhaustive l’intégralité des espèces et milieux présents en Nord - Pas-de-Calais, mais à donner une vision synthétique et réaliste de la situation régionale.

Télécharger la brochure Observatoire régional de la biodiversité (format PDF - 8.9mo).

Un constat global

L’érosion de la biodiversité se poursuit, mais les efforts consentis par l’État et les collectivités en faveur de la préservation de la biodiversité portent leurs fruits, même s’ils ne sont pas optimaux. Les politiques mises en œuvre permettent notamment un maintien des espèces et habitats les plus menacés présents dans les réservoirs de biodiversité. En l’absence d’outils tels que les réserves naturelles nationales, les sites Natura 2000 et les sites du Conservatoire du Littoral (qui contribueront à la mise en œuvre de la Stratégie de création d’aires protégées), le bilan serait certainement moins positif. L’une des caractéristiques régionales est l’effondrement de la nature ordinaire. Le fait que plus de la moitié de la flore régionale soit classée de « peu commune » à « exceptionnelle » (en terme de rareté) est une anomalie : ceci illustre le fait que, dans les territoires non protégés, l’impact des activités humaines reste considérable et contribuera à la disparition d’espèces autrefois communes. La nature ordinaire est donc à protéger. La Trame verte et bleue et le futur schéma régional de cohérence écologique peuvent apporter une réponse à ce constat inquiétant. Certains groupes d’espèces sont en extension et concernent des milieux qui se banalisent (espèces ubiquistes) : cette tendance est révélatrice de l’artificialisation des territoires. La régression de certains milieux ouverts à haute valeur patrimoniale comme les landes, les pelouses et les prairies extensives est préoccupante et lourde de conséquences sur la biodiversité.

Quelques exemples

  • nombre d’espèces disparues de la flore régionale : 88 espèces ont disparu en un siècle. Rapportée à l’échelle des temps géologiques, cette vitesse de disparition est considérable et continue à s’accélérer. Les activités humaines sont la plupart du temps responsables de ces extinctions par le biais d’atteintes directes ou indirectes aux milieux (destruction par urbanisation, pollution des sols et des eaux, etc.)
  • proportion des masses d’eau douce en bon état écologique : à l’échelle du bassin Artois-Picardie, la proportion des masses d’eau en « très mauvais » état écologique est passée de 31% en 2004 à 17% en 2007. La classe d’état « bon » est relativement stable (20% en 2004 et 22% en 2007) ; aucune masse d’eau n’atteint le « très bon » état sur la période considérée. Plus de la moitié du territoire régional s’oriente vers un report d’objectif, le « bon » état écologique ne pouvant pas être atteint pour 2015 (objectif fixé par la directive-cadre sur l’eau).
  • surface protégée en mer : 207 040 ha de milieux marins sont maintenant protégés en mer pour la Manche orientale et la Mer du Nord (façade maritime du Nord - Pas-de-Calais). Il s’agit en totalité de sites Natura 2000 (5 Sites d’Intérêt Communautaire et 4 Zones de Protection Spéciale). La désignation des sites Natura 2000 est une véritable avancée dans la préservation des espèces et habitats marins. La création du futur Parc Naturel Marin des trois estuaires permettra de compléter le réseau des aires protégées en mer.

Accéder au site de l’Observatoire de la biodiversité

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